À l’université d’été du Medef, la directrice générale d’Engie, Catherine MacGregor, a défendu une transition énergétique « pragmatique » et fustigé les « chiffres fantaisistes » qui parasitent le débat public. « Chez Engie, la transition est au cœur du métier : électrifier les usages avec des renouvelables, du stockage et des infrastructures, tout en décarbonant les molécules (gaz) », a-t-elle expliqué, résumant la stratégie d’« association de l’électron et de la molécule ».
MacGregor a rappelé que le groupe s’appuie sur un modèle résilient et une présence géographique diversifiée pour ajuster ses allocations de capital dans un contexte international instable. « Nous sommes avant tout un investisseur », a-t-elle insisté, soulignant des investissements annuels conséquents majoritairement orientés vers la transition.
La dirigeante a surtout pointé la nécessité d’un cadre stable pour accélérer. Elle a cité l’Inde, qui vise 500 GW d’ici 2030, et la Chine, qu’elle décrit comme « incroyable sur les renouvelables », évoquant « 212 GW de solaire ajoutés au premier semestre ». Selon elle, Pékin agit d’abord par compétitivité, tout en continuant d’ajouter du charbon, « la technologie la plus néfaste ».
En France, le constat est sévère : « Nous n’avons pas de politique énergétique : la PPE n’a pas été adoptée malgré quatre ans de débats », regrette-t-elle. Cette programmation, qui devait acter l’usage de tous les leviers de décarbonation (nucléaire relancé, renouvelables « à fond », biométhane, géothermie…), a été « torpillée » selon elle, alors même que « les élus locaux, tous bords confondus, soutiennent les projets pour leurs retombées économiques ».
MacGregor a vivement contesté un chiffre relayé récemment dans la presse selon lequel les renouvelables coûteraient 300 milliards d’euros en dix ans à l’État. « Nous avons épluché ces données : en additionnant distribution, transport, soutien, on est au mieux autour de 50 milliards. Face aux fake news, le rationnel se tétanise », a-t-elle lancé, appelant les entrepreneurs à vérifier avant de relayer.
Dernier avertissement : l’hypothèse d’un moratoire sur certaines filières. « Mettre en pause une filière en émergence, c’est le meilleur moyen de la tuer », a-t-elle prévenu. Pour Engie, la trajectoire est claire : accélérer les projets et sécuriser le cadre. « La transition inscrit l’entreprise dans l’avenir ; à nous de créer de la valeur, vite et durablement, avec un cap politique lisible. »





