Le groupe EDF s’apprête à opérer un virage stratégique majeur dans ses activités internationales. Selon une information publiée ce mercredi 16 juillet dans le quotidien économique Les Échos, l’énergéticien public envisage d’ouvrir le capital de ses filiales nord-américaine et brésilienne dans les énergies renouvelables, à hauteur de 50 %. L’objectif : réduire son exposition à des marchés devenus moins rentables et concentrer ses efforts sur les priorités nationales, notamment le développement du parc nucléaire EPR2.
Cette inflexion stratégique fait suite à des pertes dans le solaire et l’éolien, en particulier aux États-Unis. En 2024, EDF Renouvelables a accusé une perte nette de 1,45 milliard d’euros pour un chiffre d’affaires de 2,4 milliards. L’une des principales causes : la dépréciation du projet offshore Atlantic Shores, mené avec Shell, lourdement pénalisé par la politique anti-éolienne de l’administration Trump. Cette seule opération aurait coûté 900 millions d’euros au groupe.
Un porte-parole d’EDF confirme que « des études sont en cours » pour une ouverture du capital dans le cadre d’une « stratégie de développement international alignée avec les objectifs du groupe à horizon 2035 ». Le journal précise que le périmètre concerné inclut également la filiale brésilienne, où EDF est présent dans les renouvelables et le gaz.
Pour les représentants du personnel, cette réorientation est une source d’inquiétude. La dette nette d’EDF Power Solutions s’est envolée à 11,7 milliards d’euros en 2024, alors que les coûts de financement ont bondi. La CGT dénonce une stratégie déséquilibrée et demande des éclaircissements sur les conséquences sociales. La CFDT, plus modérée, souhaite obtenir des réponses précises avant de s’engager dans de nouvelles démarches.





