À l’Assemblée nationale, la députée socialiste Marie-Noëlle Battistel a pris la parole au nom de son groupe pour commenter la proposition de loi sur la programmation énergétique. Si elle salue l’ouverture d’un débat attendu depuis trois ans, elle déplore la méthode : un texte d’origine sénatoriale, sans étude d’impact ni évaluation préalable, imposé en lieu et place d’un véritable projet de loi énergie-climat.
Forte d’un travail mené en amont par les députés socialistes, associant experts et parlementaires, Mme Battistel a rappelé les trois piliers de leur stratégie : souveraineté, décarbonation et compétitivité. Pour elle, la sobriété énergétique et l’électrification des usages doivent rester prioritaires, mais nécessitent des dispositifs stables et prévisibles, loin des politiques de stop-and-go actuelles.
Sur le mix énergétique, la députée a défendu une approche équilibrée : les énergies renouvelables (solaire, éolien, hydroélectricité) doivent former la colonne vertébrale de la production électrique, en raison de leur compétitivité, rapidité de déploiement et faible empreinte carbone. Toutefois, elle reconnaît la nécessité d’un socle pilotable : la prolongation du parc nucléaire historique jusqu’à 60 ans, et le lancement d’un nouveau programme de réacteurs, limité et maîtrisé, pour prévenir tout risque de « falaise énergétique ».
Ce pragmatisme se reflète dans les propositions socialistes : objectifs globaux de production renouvelable, clause de revoyure en 2030 pour ajuster le développement du nucléaire et des petits réacteurs modulaires (SMR), évaluation des coûts, des ressources humaines et des risques. Mme Battistel a réaffirmé la volonté de son groupe de parvenir à un compromis, à condition que le texte final garantisse un équilibre entre ancien et nouveau nucléaire, et un soutien clair aux renouvelables.
Mais la députée a aussi exprimé sa méfiance : les derniers amendements déposés par le gouvernement et le rapporteur ne laissent guère entrevoir cette volonté de compromis. Elle a conclu en posant une alternative claire : une majorité de confort avec l’extrême droite pour un mix irréaliste, ou une majorité exigeante pour une transition énergétique juste, réaliste et au service de tous.
La balle est désormais dans le camp du gouvernement.





