L’examen de la proposition de loi sur la « Programmation nationale et simplification normative dans le secteur économique de l’énergie » par la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale marque une inflexion politique en faveur d’un développement plus soutenu des énergies renouvelables. Lors de l’étude du texte en commission, plusieurs amendements ont été adoptés pour réaffirmer leur rôle stratégique dans le futur mix énergétique français.
Dans un climat tendu entre objectifs climatiques et préoccupations économiques, les parlementaires ont insisté sur la nécessité d’accélérer le déploiement du solaire et de l’éolien, en particulier dans les territoires. Plusieurs amendements ont ainsi introduit des dispositions visant à mieux intégrer les collectivités locales, à renforcer les garanties de concertation avec les riverains et à sécuriser les filières industrielles nationales.
Le rapporteur Antoine Armand (Renaissance) a soutenu des ajustements permettant de mieux articuler planification territoriale et objectifs nationaux. Il a également souligné l’importance d’éviter les « stop-and-go » réglementaires qui ont, dans le passé, freiné les investissements dans les projets renouvelables.
Un consensus s’est formé sur la nécessité de renforcer la visibilité des filières, notamment à travers la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui deviendrait contraignante et davantage co-construite avec les régions. Certains députés ont proposé d’instaurer un mécanisme de suivi régulier des objectifs de développement des renouvelables, assorti d’une évaluation annuelle par la Cour des comptes ou le Haut Conseil pour le climat.
Les oppositions, notamment Les Républicains, ont exprimé leur inquiétude sur l’intermittence des sources d’énergie renouvelable et sur les tensions croissantes avec l’acceptabilité locale, en particulier pour les projets éoliens. En réponse, des amendements prévoient de favoriser le développement du solaire en toiture et des modèles d’autoconsommation collective, moins conflictuels et plus intégrés au tissu urbain.
Ces dispositions adoptées en commission ne sont pas définitives : elles devront encore franchir l’étape de l’examen en séance publique.
Au-delà des clivages politiques, une convergence s’est dessinée sur l’idée que les énergies renouvelables doivent jouer un rôle de plus en plus central dans la sécurité énergétique française, à condition de s’inscrire dans une stratégie cohérente, équilibrée et anticipée.





