mardi, mars 3, 2026
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COP29 : réduire le décalage entre les annonces officielles et les politiques réelles des pays en matière d’EnR

Francesco La Camera Bakou

Francesco La Camera, directeur général de l'IRENA

Lors de la COP29 à Bakou, l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) a exhorté les pays à revoir leurs Contributions déterminées au niveau national (CDN) pour répondre aux engagements mondiaux de tripler la capacité de production d'énergie renouvelable et de doubler l'efficacité énergétique d'ici 2030. Cette révision est cruciale pour limiter le réchauffement à 1,5 °C d'ici 2050. Les perspectives énergétiques de l'IRENA montrent qu'en suivant les engagements actuels, les émissions mondiales de CO2 ne baisseraient que de 3 % d'ici 2030 et de 51 % d'ici 2050, bien en deçà des objectifs.

Pour combler ce retard, il est indispensable que les investissements dans les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique atteignent 31,5 milliards de dollars entre 2024 et 2030. La transition énergétique est cependant freinée par des inégalités géographiques : les investissements restent concentrés dans quelques pays développé, laissant les pays du Sud en retrait. Les combustibles fossiles, qui représentent encore 70 % de l'approvisionnement énergétique mondial, continuent de dominer dans plusieurs grandes économies, principales émettrices de CO2. Pour respecter la trajectoire des 1,5 °C, le G20 doit tripler sa capacité en énergies renouvelables d'ici 2030, puis la multiplier par sept d'ici 2050.

Francesco La Camera, directeur général de l'IRENA, a souligné l'importance de renforcer le soutien financier aux pays en développement et a plaidé pour l'adoption, lors de la COP29, d'un objectif de financement climatique chiffré et ambitieux. Il a averti que les CDN de 2025 représentent « la dernière chance » pour ajuster les ambitions mondiales. Un impôt mondial sur la fortune, recommandé par le G20, pourrait constituer une source de financement innovante pour soutenir les projets climatiques et garantir une transition juste.

L'IRENA appelle à une transformation profonde du secteur électrique. Les énergies renouvelables devraient représenter 68 % de la production d'électricité mondiale d'ici 2030, et 91 % en 2050. La part des combustibles fossiles devrait chuter à 24 % d'ici 2030 et à seulement 4 % d'ici 2050. Pour cela, les systèmes électriques deviendront plus flexibles grâce à des solutions de stockage de l'énergie et des technologies de gestion de la demande.

L'IRENA travaille actuellement avec 101 pays signataires de l'Accord de Paris pour améliorer leurs CDN et attirer davantage d'investissements. La mise en place de stratégies nationales harmonisées est essentielle pour assurer la transparence et renforcer la résilience des économies à faibles émissions de carbone.

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