Interview d'André Joffre (Qualit’EnR) par Arnault Disdero du magazine ZEPROS. Nouveau rôle des installateurs, mix énergétique, amplification des fraudes… Le président de l’organisme de certification RGE pointe les failles du système et donne des solutions pour atteindre les objectifs de décarbonation.
Arrivée des référents d’aide à la rénovation, mix énergétique, production et stockage de l’électricité, amplification des fraudes, nouveau rôle des installateurs… Le dirigeant de l’association qui œuvre à la qualité d’installation des dispositifs EnR pointe les failles du système actuel et ouvre des perspectives pour parvenir à atteindre les objectifs de décarbonation dans l’ancien.
Zepros : Croyez-vous à un retour à une énergie bon marché ?
André Joffre : Le bouclier tarifaire s’achève progressivement. Les tarifs de l’énergie vont nécessairement continuer d’augmenter à moyen terme. On sait qu’elle restera durablement chère… L’électricité comprise !
Le gouvernement a annulé la hausse du 1er août, mais elle interviendra plus tard. C’est inévitable, car on a besoin de fonds pour entretenir le réseau. Rien que pour mettre à jour nos centrales nucléaires, il faudra au bas mot 50 milliards d’euros…
Zepros : La France reste derrière les autres grands pays européens au niveau du solaire. Comment cela se fait-il ?
A J. : De grands projets d’installations solaires sont mis en œuvre. Mais nous n’allons pas assez vite ! Au niveau des appels d’offres, l’État module les volumes en fonction de ses propres objectifs. En 2023, la France a installé 3 GW de solaire, en 2024 on devrait atteindre 4 GW, alors qu’il faudrait 6 à 7 GW. Avec le nouveau contexte politique, on espère voir des décisions prises pour se rapprocher des objectifs européens.
Zepros : Le photovoltaïque a en revanche le vent en poupe chez les particuliers…
A J. : Les installations individuelles, aussi bien en collectif qu’en résidentiel, se portent effectivement bien. Les foyers visent de plus en plus l’autoconsommation. Remplacer par sa propre production une électricité de plus en plus chère engendre de belles économies. Selon un récent sondage, 65 % de ceux qui l’ont fait sont très satisfaits. Les travaux sont de plus en plus faciles à financer.
Les prix des modules solaires ont chuté l’an dernier de près de 50 %; et cette année, on constate encore une baisse de 20 %. Une installation coûte aujourd’hui entre 5000 et 10 000 €, pour environ 3 kWh de panneaux. Cela correspond à la consommation d’une maison hors chauffage.





