mercredi, mars 25, 2026
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Solaire : le géant chinois LONGi songe à s’implanter en Europe

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Dennis She, vice-président de LONGi

Le Journal « Les Echos » a  publié dans son édition du 21 novembre une correspondance de Frédéric Schaeffer, en poste à Shangaï. 

La Roumanie, la Pologne, l'Allemagne et la France sont regardés comme de possibles pays d'implantation par le géant chinois qui attend des clarifications du cadre européen. LONGi a déjà conclu un partenariat pour s'implanter aux Etats-Unis.

Une bulle verte est-elle sur le point d'éclater en Chine ? Le virage du premier pays pollueur de la planète vers les énergies vertes a attiré une multitude de nouveaux entrants.

Au point de créer une surabondance de composants solaires et de pousser de nombreux fabricants chinois à tenter d'écouler leurs stocks à des prix ultra-compétitifs en Europe , l'un des rares grands marchés sans droits de douane ni autres barrières aux importations de panneaux solaires chinois.

Ruée vers le solaire

La Chine a dépensé l'an dernier 164 milliards de dollars dans de nouveaux parcs solaires et 109 milliards de dollars dans de nouveaux parcs éoliens, représentant 55 % des investissements mondiaux dans les énergies renouvelables, selon Bloomberg New Energy Finance.

L'afflux de financement a attiré des nombreux acteurs, allant du géant laitier chinois Royal Group jusqu'au fabricant de bijoux Zhejiang Ming Jewelry en passant par le fabricant de jouets Mubang High-Tech, qui ont tous annoncé des projets d'investissement dans la production de cellules solaires.

Si cet afflux d'acteurs a permis à la Chine de poursuivre sa transition verte tambour battant, l'offre abondante a pesé sur les prix et les bénéfices des acteurs historiques.

« La concurrence est rude en ce moment, reconnaît Dennis She, vice-président de LONGi, l'une des plus grandes sociétés chinoises de fabrication d'énergie solaire. Le marché a été en plein essor ces trois dernières années, attirant de nombreux nouveaux investisseurs, si bien que la situation est rapidement devenue excédentaire. »

Avec une profitabilité sous pression, certains acteurs sont aujourd'hui en difficultés financières et suspendent des projets de nouvelles usines. « L'industrie va commencer à entrer dans une phase de consolidation et certains acteurs de deuxième ou troisième rang disparaîtront du marché », pronostique Dennis She.

Une première usine aux Etats-Unis.

L'offre excédentaire chinoise a été exacerbée par les barrières aux importations en Inde et aux Etats-Unis. Les panneaux solaires chinois sont quasiment interdits d'entrée sur le sol américain à la suite de l'annonce de droits de douane anti-dumping et de la loi sur la prévention du travail forcé des Ouighours du Xinjiang.

Pour contourner l'interdiction, LONGi exporte vers les Etats-Unis depuis ses sites en Asie du Sud-Est, a pointé l'administration américaine. Surtout, l'entreprise fondée en 2000 à Xi'an (dans le nord de la Chine) a saisi l'opportunité de l'Inflation Reduction Act (IRA), le plan américain en faveur de la transition énergétique en vigueur depuis août 2022, NDLR] pour créer une première usine aux Etats-Unis.

Le fabricant chinois a conclu un partenariat avec le développeur américain d'énergies renouvelables Invenergy pour construire une usine de modules solaires dans l'Ohio d'une capacité de production annuelle de 5GW.

« Les premiers panneaux sortiront de lignes de production en début d'année », précise Dennis She, soit un an à peine après l'annonce de la co-entreprise détenue majoritairement par Invenergy.

En attente de l'Europe

« La délocalisation de notre capacité de production est une stratégie clé pour LONGi car nous voulons nous rapprocher de nos clients », explique encore le dirigeant. Après les Etats-Unis, LONGi pourrait-il s'installer en Europe ? « Nous travaillons sur une étude de faisabilité mais cela reste préliminaire, indique Dennis She. Nous attendons des clarifications de la politique européenne car nous ne voyons pas de programme semblable à l'« IRA » américain à ce stade ».

La Roumanie, la Pologne, l'Allemagne et la France sont regardées comme de possibles pays d'implantation par LONGi, qui compte travailler avec un partenaire local comme il le fait déjà aux Etats-Unis. « Rien n'est décidé mais nous étudions cette possibilité de manière très déterminée », assure le vice-président de LONGi, pour qui la balle est dans le camp de Bruxelles.

Le site du journal Les Echos

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