Solaire Thermique : Audition à l’Assemblée nationale d’Olivier Godin Vice-président d’Enerplan.

Audition de M. Olivier Godin, vice-président d’Enerplan en charge de la chaleur solaire et président de Solisart, dans le cadre de la commission "Impact des énergies renouvelables" présidée par Julien Aubert. A participé également à cette audition, David Gréau, responsable du bureau parisien d'Enerplan en charge des relations institutionnelles.

Voici la transcription du début de l'intervention:

Julien Aubert : Bonjour à tous, notre audition a pour thème la technologie du solaire thermique. Monsieur Olivier Godin vous êtes vice-président d’Enerplan, en charge du solaire thermique et président de l'entreprise Solisart.  La France dispose d'un gisement favorable même si le rendement énergétique varie selon la zone climatique. Les objectifs de la PPE qui s'achève n’ont pas été atteint et le projet de future PPE note que c'est le marché du solaire thermique individuel qui a le plus reculé.

Quel est le coût complet de la chaleur thermique dans l'individuel comparé aux autres équipements de chaleur à partir d'énergies renouvelables ?  Une baisse des coûts est-elle envisageable et à quel horizon ? Quelle appréciation portez-vous sur la réglementation thermique et ses conséquences quant au choix des équipements ? A quelles conditions les objectifs du projet de PPE à l'horizon 2023 sont-ils réalisables, notamment installer chaque année environ 100 000 m² dans le bâtiment, dont la moitié dans l'individuel ? Voici quelques questions que nous nous posons. Nous allons vous donner la parole, très prochainement, pour un exposé liminaire de 15 minutes maximum suivie d'une séance de questions avec tout d'abord Madame Menyer-Millefert notre rapporteur.

Mais avant que puissiez prendre la parole conformément aux dispositions de l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires je vais vous demander de prêter le serment de dire la vérité toute la vérité rien que la vérité.  Monsieur Gaudin veuillez s'il-vous-plaît allumer votre micro, lever la main droite et dire je le jure, merci.

Olivier Godin : Je le jure

Julien Aubert : Vous pouvez éteindre votre micro. Monsieur Gréau, pouvez-vous lever la main droite et dire je le jure ?  

David Gréau : je le jure.

Julien Aubert : voilà donc désormais c'est officiel, nous avons entendu votre serment donc vous avez jusqu’à 9h26.

Olivier Godin: Bonjour donc pour répondre à vos questions, on a organisé la présentation sur l'état des lieux avec le rappel du mix énergétique et les objectifs et sur le solaire toutes les réponses à vos questions. Pour bien comprendre les enjeux un point important à rappeler c'est que la majorité de nos consommations d'énergie soit en France ou en Europe c'est pour moitié la chaleur. Donc quand je dis la chaleur c'est le chauffage et eau chaude, tous les besoins de chaleur. L’électricité ça ne représente qu'un quart et le transport un autre quart.  

Et dans le neuf, dans la nouvelle Réglementation Thermique (RT), la chaleur représente la quasi-totalité nos besoins, puisque c'est essentiellement de l'eau chaude sanitaire et du chauffage. Autre point important à rappeler c'est qu’en plus d'être la partie la plus énergivore de nos consommations, c'est aussi la plus émettrice de CO2. Puisque le kilowattheure électrique et très nucléaire et donc très peu carbonée. Donc tous nos enjeux en termes environnementaux porte sur le chauffage et l'eau chaude.

Je ne vais pas rappeler les objectifs que vous connaissez mieux que nous, juste pour rappeler que en 2050 pour pouvoir contenir le réchauffement climatique à 2 degrés il faut qu'on arrive à zéro émissions nettes de particules et la chaleur solaire est la meilleure solution pour y répondre. Toutes les autres solutions émettent des particules et consomment des ressources.

Alors où en sommes-nous sur la chaleur solaire ? Et bien le marché a été en forte progression jusqu'en 2008, a baissé et reprogresse depuis 2018. Pour la France métropolitaine ça suit à peu près la même courbe, néanmoins la progression est beaucoup plus faible puisque elle est toujours stagnante et on voit que le marché du chauffage solaire reprogresse en 2018.

Une autre solution de thermique qui est le PVT c’est-à-dire le panneau photovoltaïque et thermique qui permet d'avoir les deux fonctions en une, donc à la fois de produire de la chaleur et de l'électricité.

En France et plus de 440 000 m² installé en 2018, donc c'est très important, a souvent tendance à l'oublier, mais c'est deux à trois fois plus que le solaire thermique. Autre point intéressant et important, c'est que la France est le leader mondial, c'est le plus gros marché, devant les chinois, devant les allemands. On a les industriels qui sont en France.

Les raisons de cet état des lieux sont en partie interne est en grosse partie externe. En ce qui concerne la filière, une des grosses problématiques qu'elle a eu à gérer, c’est l'amélioration de la qualité, qui était de l'ordre de 66 % sur la pause en 2007 et c'est la filière qui a fait le plus de progrès en dix ans et aujourd'hui elle est devenue la filière d'excellence avec les meilleures qualités d'installation.

Pour bien comprendre aussi cette baisse d'activité, il faut savoir que c'est un des investissements les plus élevés et on verra ce que ça entraîne comme conséquence. L'autre partie des raisons c’est la non-équité des aides. Le crédit d'impôt n'est pas le même pour toutes les énergies renouvelables (EnR). Il intègre la pose, par exemple pour l'isolation des parois opaques, isolation par l'extérieur et aussi pour les capteurs des pompes géothermiques des pompes à chaleur, mais pas sur la pose des capteurs solaires. Le coup de pouce CEE, le solaire thermique ne n'en bénéficient quasiment pas, puisqu'ils bénéficient que du différentiel entre le remplacement de la chaudière qui est le point d'entrée du coup de pouce et donc lorsqu'on met par exemple une pompe à chaleur ou une chaudière à granulés pour remplacer, et bien le solaire ne bénéficie pas du coup de pouce, alors que l'isolation en bénéficier à chaque fois.

L'aide pour améliorer la qualité de l'air, là encore le solaire n'en bénéficient pas, alors qu'il y a des aides sur l'air-bois par exemple pour réduire les émissions de particules. Ça c'est un point extrêmement important, les pics de pollution sont essentiellement l'hiver et essentiellement liés au chauffage. Le chauffage et l'eau chaude représentent autant de pollution que le transport mais ils sont concentrés sur l'hiver, est donc en hiver la première cause de pollution en France à Paris c'est le chauffage et l'eau chaude.

Julien Aubert : Vous parlez bien des particules fines pour la pollution ?

Olivier Godin: oui. Le crédit d'impôt qui est passée à 15 % en 2014 ou 25 % avec un bouquet de travaux. Alors pourquoi ça fait partie particulièrement mal au solaire thermique ? Parce que comme c'est fait partie des investissements les plus importants des EnR, et bien sûr un gros investissement devoir ajoutez un deuxième travail pour bénéficier de 25 % crédit impôt et bien ça a tout simplement tué le solaire thermique qui ne bénéficiaient que de 15% là où toutes les autres était bonifiées de 10%.

Autre point important à bien comprendre c'est des aides sur d'autres énergies qui pouvait avoir un prix garanti comme le photovoltaïque malgré les recommandations d’Enerplan de ne pas baisser pour créer cette bulle. Il faut rappeler que dans l'histoire est bien entre 2008 et 2016 le prix du fioul, le prix du pétrole a été divisée par 3. Donc cette EnR qui n'a pas de prix garantis et qui a vu sa compétitivité baisser à cause du but de la baisse du prix l'énergie a en été doublement pénalisés….

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