Point de bonus ou carton rouge pour l’autoconsommation solaire collective ?

Le 28 juin prochain, Sébastien Lecornu présentera les mesures issues du groupe de travail sur l’énergie solaire. Sifflera-t-il la fin du match pour l’autoconsommation collective ou s’imposera-t-il en arbitre des élégances de la modernité énergétique ? Les pronostics vont bon train.

Le match de l’autoconsommation collective n’est pas joué. Pour l’heure, sa cote n’en fait pas un favori, loin s’en faut, au regard des bookmakers du secteur. Un espoir subsiste. Que l’arbitrage interministériel soit à la hauteur des attentes fortes non seulement de la filière solaire, mais encore de tous ces maîtres d’ouvrages qui attendent de savoir si l’autoconsommation collective a vocation à demeurer un objet de communication et une intention, ou si elle peut réellement tenir sa promesse d’innovation sociale et environnementale.

Certes, le cadre réglementaire fixé en 2016 et 2017 a permis d’ouvrir le score. Mais c’est toujours match nul à la mi-temps, tant les bilans économiques des premiers projets sont précaires. Un comble si l’on considère que la vertu première de l’autoconsommation collective devrait être de lutter contre la précarité énergétique. Elle le devrait a fortiori alors qu’autoconsommer collectivement est la seule façon possible d’autoconsommer dans l’habitat collectif, où il est impossible pour un occupant de disposer individuellement de son panneau photovoltaïque.

Dans son rôle de sélectionneur, l’Etat doit aujourd’hui choisir de doter l’autoconsommation collective du même dispositif de soutien que l’autoconsommation individuelle. Avec comme point de bonus : une prime d’investissement et tarif d’achat pour encourager les petits producteurs et une prime à l’énergie autoconsommée pour les producteurs un peu plus gros. Ensuite, le terrain de jeu devrait être ouvert jusqu’à 250 kW crête de puissance pour la logique de guichet ouvert, et au-delà du même poste de transformation public d’électricité de moyenne en basse tension en termes de périmètre géographique. Enfin, et fondamentalement, exonérons l’autoconsommation collective de contribution au service public de l’électricité. Elle la paie déjà en nature ! Personne ne souhaite mettre un but contre son propre camp.

Si nous voulons que l’autoconsommation se démocratise et libère son potentiel, c’est maintenant qu’il faut donner le bon signal et jouer collectif. Qu’on se le dise, c’est avec le collectif que l’on relève les plus grands défis. En Allemagne, une soixantaine de projets est déjà sortie de terre. Le coup d’envoi du Mieterstrom, l’équivalent outre-Rhin de notre autoconsommation collective, a lui aussi été donné il y a un an environ. Sauf qu’en France, les opérations se comptent sur les doigts d’une main. Alors cessons dès à présent les actes d’anti-jeu dilatoires. Notre pays a tout d’un champion dans le domaine du numérique et du partage de l’énergie. Ne perdons pas notre avance sur le reste du monde, et demandons à la commission de discipline du réseau de cesser de « siffler » le froid et d’user du tarif d’utilisation du réseau public de distribution d’électricité comme autant de cartons rouges dirimants. Le beau jeu demande liberté. La compétition est lancée : vive l’autoconsommation collective !

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1 COMMENTAIRE

  1. Dans un de ces sketchs Coluche en parlant des phrases prononcées par nos politiques en avait relevé une qui me semble toujours d’actualité « il faut mettre un frein à l’immobilisme ». J’ai la nette impression que nos gouvernements et la CRE (commission de ralentissement des energies)s’evertuent à vouloir l’appliquer.

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