Europe/Paquet énergie : Michéle Rivasi y voit de l’ambition et du réalisme !

RivasiLe Parlement européen vient de voter trois rapports législatifs qui façonneront l'avenir de la politique climatique et énergétique de l'UE pour la prochaine décennie: une révision de la directive sur les énergies renouvelables, une révision de la directive sur l'efficacité énergétique et la loi-cadre sur le climat et l 'énergie (gouvernance de l'Union de l'énergie). Les députés européens ont rehaussé l'ambition face aux faibles positions prises par le Conseil et la Commission européenne. 

Michèle Rivasi co-rapportrice Verts/ALE sur la gouvernance de l'Union de l'énergie réagit: « Le Parlement a pris une position historique, conforme et cohérente avec les engagements climatiques de l'UE.C'est la première fois qu'une législation européenne développe, notamment, des objectifs couvrant 35 % d'énergie renouvelable, et 35 % d'efficacité énergétique, une stratégie méthane, un dispositif pour lutter contre la précarité énergétique. Cette politique permettra de développer une véritable indépendance énergétique, de créer des emplois et de sécuriser les investissements. En plus d'être cohérente, la gouvernance proposée prévoit une plateforme de dialogue entre la société civile, les autorités locales et les gouvernements. Cette transparence sera nécessaire face au lobby des oligopoles de l'énergie. Un intérêt doit l'emporter sur tous les autres : l'avenir de la planète et de ses habitants ! »

Principales caractéristiques du rapport « Loi-cadre sur le climat et l'énergie »:

  • L'établissement de trajectoires crédibles pour les énergies renouvelables jusqu'en 2030 et la mise en place de mesures correctives fortes en cas de retards ou de manquements («gap filler»).
  • L'introduction pour la première fois d'une stratégie méthane et du concept de «bilan carbone» dans le droit de l'UE afin d'identifier ce qui peut encore être émis dans l'atmosphère pour respecter les engagements de 1,5 ° / 2 ° C de l'accord de Paris.
  • L'établissement d'une plate-forme permanente de dialogue sur le climat et l'énergie avec les citoyens, les autorités locales et tous les acteurs concernés afin de participer à la formulation de stratégies à long terme et de plans nationaux.
  • Une réponse à la pauvreté énergétique en introduisant une planification et une communication afin de réduire le nombre de citoyens touchés par la pauvreté énergétique.

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3 Commentaires

  1. Les conseils de Madame Rivasi ouh ! J’ai déjà posté le texte suivant sur ce site :
    L’essentiel des énergies renouvelables actuellement en chantier sont des énergies intermittentes qui nécessitent un back-up. L’exemple allemand est lumineux : développement considérable de l’éolien et du photovoltaïque et pas un iota de baisse des émissions de CO2 car back-up au charbon. Comment elle fait Madame Rivasi pour ce back-up ??? Il est bon de rappeler que dans la conclusion (page 305) du livre intitulé « Ce nucléaire qu’on vous cache » de Michèle Rivasi (fondatrice de la CRII-RAD) et Hélène Crié, publié aux Editions Albin Michel, on trouve cette surprenante appréciation : « le gaz est une énergie virginale par excellence ». Back-up au gaz ?

  2. Pour compléter les propos de JYG, il faut ajouter que l’Allemagne a aussi massivement augmenter le rendement de ses centrales thermiques depuis 1990.
    Selon le rapport Ecofys 2017, en Allemagne, le rendement moyen des centrales au charbon est passé de 34,4% en 1990 à 39,6% en 2015. Le rendement moyen des centrales au gaz est passé de 32,6% en 1990 à 47,1% en 2015.
    Ce qui signifie qu’à pleine puissance, par rapport à 1990, les centrales au charbon allemandes émettent 13% de CO2 en moins et celles au gaz 30% de CO2 en moins.
    Et malgré tout cela, les émissions de gaz à effet de serre du secteur electricité et production de chaleur en Allemagne, ont à peine baissé depuis 1990.
    Elles sont passées de 341 millions de tonnes d’équivalent CO2 en 1990 à 341 millions de tonnes d’équivalent CO2 en 1990 à 307 millions de tonnes d’équivalent CO2 en 2015.

  3. Pour répondre à JYG, il existe une solution de stockage d’électricité à grande échelle, qui de plus apporte une facilité de régulation du réseau, qui s’appelle STEP (Station de Transfert d’Energie par Pompage) un système de deux bassins d’eau avec un groupe turbo-pompe entre les deux.
    Et ne me dite pas, comme EdF, que la France n’a plus de sites équipables et qu’on ne peut plus « noyer les vallées de Alpes ». En Belgique – qui n’est pas un pays spécialement montagneux – la centrale de pompage-turbinage de Coo-Trois-Ponts sert à absorber les excédents de production de la centrale nucléaire de Thihange comme elle pourrait servir à réguler les productions intermittentes des énergies renouvelables. La différence de niveau entre les deux bassins n’est que de 275 m et son rendement est de 85%, donc du même ordre que les batteries et autres condensateurs en test à EdF.
    La Corée du Sud teste actuellement des STEPs sur falaises en bord de mer et il existe beaucoup d’autre projets dans le monde.
    Alors si, la France voulait vraiment favoriser les énergies « propres », qu’attend-t-elle pour étudier les STEPs dont nous auront besoin dans les 20 ans à venir ?
    jms

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