En ce matin du lundi 19 décembre sur France Inter, la journaliste spécialiste de l'environnement Nathalie Fontel a consacré sa rubrique Planète Environnement à l'autoconsommation électrique encouragée par le gouvernement. Elle s'appuie notamment sur l'expertise d'André Joffre pour informer ses auditeurs sur ce phénomène nouveau de la digitalisation de l'énergie qui va justement transcender l'autoconsommation.
Planète environnement de @nathaliefontrel sur @franceinter explique ce matin 19/12 l'autoconsommation d'élec solaire https://t.co/5muzXgijxA pic.twitter.com/cm3wpYJlaw
— Andre Joffre (@AndreJoffre2) 19 décembre 2016






Réflexion sur l’autoconsommation.
L’autoconsommation c’est parfait. J’autoconsomme les courgettes que je fais pousser dans mon jardin et en fait profiter mes voisins (gratuitement) quand j’en ai en trop. En échange mes voisins me donnent quelquefois des fraises de leur propre jardin. C’est parfait. Mais hélas, parfois il y a surproduction de courgettes et je n’ai trouvé aucune entreprise qui accepte de passer régulièrement chez moi pour récupérer ce surplus et surtout pas en me payant quoi que ce soit pour la marchandise.
Et bien dans le système de l’autoconsommation électrique telle qu’il est conçu en France, c’est vraiment beaucoup mieux. Le surplus d’électricité que je produis avec mes panneaux photovoltaïques est repris instantanément par un organisme national, même quand il n’a pas besoin de la marchandise, et de plus à un prix fabuleux : 10 fois le prix de marché. Là c’est plus que parfait, c’est le pied.
Mais me direz-vous comment fait-il cet organisme national pour s’en sortir puisqu’il perd de l’argent en achetant une marchandise bien plus chère que ce que l’on trouve sur le marché ?
Et bien c’est simple : le super patron de cette entreprise, qui est l’Etat, a décidé que tous ceux qui n’étaient pas autoconsommateurs d’électricité devaient payer une taxe (la CSPE) pour que l’entreprise ne tombe pas en faillite.
Au fond c’est un peu comme si tous ceux qui n’ont pas de jardin pour produire des courgettes dédommageaient les propriétaires de jardin pour tous les tracas et les frais que leur cause la culture de courgettes. Normal, non ?
Pontrieux le 20/12/2016
Le dispositif actuel pour le photovoltaïque résidentiel me semble effectivement devoir être amélioré. Avec la progression de la parité réseau, un prix de vente garanti du surplus, mettons à 15 centimes d’euros le kWh, serait plus approprié. Avec une suppression complète du principe de la vente totale.
Il permettrait en particulier d’éviter le schéma de l’autoconsommation a minima, avec des toitures pouvant accueillir 5 à 6 kWc, et équipées seulement d’1 à 2 kWc pour rester cohérentes par rapport à de la simple autoconsommation.
Avec l’augmentation permanente du prix du kWh nucléaire, et les incertitudes sur les énergies fossiles (sans parler de l’impact climat), la massification du PV passe par une maximisation des surfaces PV des particuliers.
L’autoconsommation, dans le cas d’un habitat passif, touche vite ses limites, et elle ne doit pas être une fin en soi, sachant que les besoins d’électricité hors habitation sont très importants, et qu’il vaut mieux les satisfaire avec des ENR qu’avec du nucléaire cher, géopolitiquement fragile (cf Niger), sans solution sérieuse pour les déchets.
à Gypse
pour le coût de l’intermittence et en particulier celui de l’éolien et surtout pour l’aspect « local » de l’éolien voir
http://lemontchampot.blogspot.fr/
Greenleaf
Massification du PV des particuliers pour répondre à l’augmentation du nucléaire ?
Le solaire vraiment pas cher, ce n’est valable que pour les installations au sol de grande taille, le solaire sur toiture reste plus cher avec une bonne marge que les autres moyens de production, et comme le prix des modules en soi n’est plus le facteur dominant, cela ne va pas changer facilement.
D’ailleurs les 15 centimes que vous proposez comme prix garanti, c’est à peu près aussi cher que l’éolien offshore en train de baisser fortement dans les appels d’offre récents, et c’est 20 à 30% plus cher que le nucléaire d’Hinkley en Angleterre violemment vilipendé pour son prix inacceptable.
Tout ça pour être uniquement disponible lors des plus forte pointe de production solaire, après avoir épuisé sa consommation personnelle.
Enfin, vos affirmations de fin de commentaire relèvent juste de la caricature :
– les 2 premiers producteurs mondiaux en réserve d’uranium sont l’Australie et le Canada. Et la France a environ 2 ans de stock d’avance contre 1 ou 2 mois max pour le pétrole. C’est ceci qui fait que l’approvisionnement n’a pas la même sensibilité. Nous sommes intervenus au Mali pour sauver des vies comme demandé par la population, probablement aussi avec l’idée de redorer pour une fois un peu notre image en profitant que la situation était claire, et parce que voir des entités terroristes s’emparer d’une grande partie de la région saharienne aurait forcément eu des retombées jusque chez nous.
– C’est parce que, contrairement à ce qui est le cas pour le charbon, le volume des déchets nucléaire sensibles car fortement radioactifs est très faible qu’on a pu se permettre d’attendre aussi longtemps pour décider quoi en faire. Les exigences actuels sont dans 10 000 ans de garantir moins de rejets de radioactivité qu’il n’y en aujourd’hui à l’air libre au sommet des terrils laissées par l’exploitation de celui-ci. Et aussi, l’exploitation de plus en plus intense des terres rares en particulier pour les batteries, mais aussi certains modèles d’éoliennes ou de panneaux solaires, génère aussi beaucoup de contamination radioactive beaucoup moins bien gérée. C’est en ne prenant aucune précaution à ce sujet que la Chine a pu battre tout le monde sur les prix de cette ressource, qui a réagi pour dénoncer cela ?