Depuis le 1er juin a débuté la production artisanale de la « tuile solaire photovoltaïque invisible », la seule à pouvoir être installée dans les centres historiques….
En première approche, l’offre de la société Dyaqua semble très séduisante, même si les prix affichés laissent perplexes. Le fabricant annonce un prix de 45 € pour une tuile de 4,5 Wc soit 10€/Wc, ce qui représente environ 10 fois le prix des modules conventionnels. Il reste à espérer que ces prix baisseront si le produit trouve son marché et que l’entreprise passe à une phase industrielle.
Il faut par ailleurs, plus de surface – 15 m² de toiture pour un kilowatt crête – à peu près le double de la surface d'un module photovoltaïque.
Les panneaux solaires ont une esthétique particulière. On peut les accepter sur les constructions modernes mais en revanche, sur les toits d’un petit village provençal ou d’une ville historique de Toscane, ils font désordre et, en général, dans les cités historiques, ils sont interdits. Alors, pour permettre à l’énergie solaire de s’implanter partout, sans risquer de défigurer les paysages de notre patrimoine, une startup italienne a inventé la tuile romane qui convertit le soleil en énergie. Avec cette invention, les toits qui font le cachet des villes du sud ne seront plus menacés de disparition devant la poussée des énergies alternatives. Au contraire, ils prennent, plein d’énergie, une nouvelle jeunesse !
Les centres historiques ont besoin d'être rénovés de manière durable. Mais avec les contraintes du patrimoine culturel, il est difficile de mettre en action des rénovations alliant innovation et préservation du patrimoine. Une société italienne, Dyaqua, vient de trouver la solution : « Le Tuile invisible Solar ». Il s’agit de la première tuile ayant développé un système photovoltaïque invisible à l’œil nu. Explications.
Une tuile qui garde l’aspect traditionnel de la terre cuite, mais qui intègre les dernières nouveautés technologiques, c’est désormais possible !
Le nombre de projets d'installations photovoltaïques présentés aux paysagistes conseils et architectes conseils de l’Etat est en augmentation exponentielle depuis ces dernières années.
La réglementation qui encadre ces installations est récente et continue d’évoluer. Aussi, son interprétation au sein des services décentralisés de l'Etat n’est pas homogène et déconcerte la plupart des acteurs concernés.
Ces installations, qui ont un impact important sur le paysage (utilisation de sols agricoles, forestiers ou naturels, participation à l'étalement urbain, construction de pseudo bâtiments agricoles…), ne font que rarement l’objet d’une réflexion globale et d’un projet de paysage.
L’enjeu est de sauvegarder le patrimoine – et son attrait touristique – tout en respectant le besoin objectif de préserver la planète… Il s’agit de trouver le juste équilibre entre la protection du patrimoine et un règlement trop systématique, qui briderait les démarches architecturales insérant les éléments des capteurs solaires.
La société italienne Dyaqua vient sans doute d’apporter une solution à ce problème en créant une tuile dont l’esthétique s’adapte selon les caractéristiques des régions car elle peut être produite à partir de l’argile locale. La tuile invisible solaire a plusieurs fonctions : elle produit une énergie propre et renouvelable, elle imperméabilise et protège les habitations, elle purifie l’air des substances nocives et sa surface est autonettoyante. La tuile est formée par un composé polymère non toxique et recyclable, qui est noyé dans les cellules de silicium monocristallin. Une surface spéciale, opaque à l'œil et transparente à la lumière solaire, couvre les cellules qui se cachent sans affecter le fonctionnement.
L’utilisation de matériau traditionnel permet donc à la lumière du soleil de filtrer à travers la surface externe et d’atteindre les cellules photovoltaïques. Le chargement de poussière naturelle locale peut également permettre l'obtention de plusieurs variantes typiques des couleurs traditionnelles locales de construction par rapport à l'argile disponible dans les différents territoires régionaux, ainsi que des caractéristiques des matériaux similaires à ceux des éléments de briques normales.
La tuile solaire se distingue des autres technologies photovoltaïques et des tuiles en terre cuite classiques, grâce à des caractéristiques particulières qui le rendent unique :
- Installé en terre cuite, il est camouflé dans l'esthétique du toit ;
- Photocatalytique : La lumière active un processus naturel et infini qui purifie l'air pendant le nettoyage de la surface de la tuile ;
- Résistant : Il peut résister à une charge statique élevée, ne craint pas de solvants chimiques ni les intempéries ;
- Durable : Fabriqué avec des matériaux non toxiques, qu'ils soient naturels ou réutilisation, tous recyclables.
Cette vidéo explique comment le système fonctionne et comment il s’installe sur les toits :
Un système photovoltaïque adapté à la couverture du toit, et conservant l'esthétique de l'édifice c’est une innovation majeure car il peut se glisser aussi facilement dans les bâtiments existants, dans ceux à construire, que dans des bâtiments à valeur historique car les édifices les plus anciens et protégés par les architectes des bâtiments de France pourront bénéficier des avantages du solaire. Une mise à niveau pour favoriser une urbanisation durable élevée.






QUE DU PLUS, BRAVO ! Il ne reste plus qu’à équiper toutes les toitures et plus de problème de pollution visuelle et d’envahissement des terrains. Une production industrielle pourra diviser les coûts par 10… j’en suis sûr.
BRAVO ! BRAVO !
Diviser les coûts par 10, on peut rêver, mais regagner le rendement(7%)dégradé par le revêtement, et la double orientation des cellules, c’est peu probable. Cela restera donc un produit hors de prix, actuellement 20 fois plus cher à puissance égale, peut-être 6 dans quelque temps si le produit trouve son marché mais dans un monde de l’énergie impitoyable c’est peu probable. Le produit a quelques autres soucis de jeunesse comme un recouvrement de seulement 7cm quand les règles de pose pour la tuile canal sont de 13cm voire 15 cm sur les moindres pentes. (Pour le fun en outre, l’eau rentre sous toutes les tuiles canal posées à l’envers de la vidéo.)
Les files de tuiles sont solidarisées par un goujon métallique qui sert de connecteur. Ce point d’ancrage survivra t’il aux dilatations d’une file de tuiles qui passe de 10° à 55° ou plus quotidiennement ?
Mais l’essentiel n’est pas là :
En fait ce type de produit n’est qu’un leurre sans grand avenir, mais qui va donner un argument imparable aux ABF pour refuser toute autre avancée dans la cohabitation des techniques actuelles et du patrimoine.
On n’a pas interdit de construire des cathédrales autrement qu’avec des colombages ; elles ne seraient pas monté bien haut, et pourtant elles ont pris leur place. Les bâtiments historiques que l’on admire aujourd’hui sont ceux qui ont su à leur époque, sans se cacher, tirer le meilleur parti des techniques disponibles. Vouloir faire la promotion du pastiche est une grave erreur.
Bien cordialement,
Yves JAUTARD
Bonjour,
Voilà par deux fois que les batiments de France me refusent une toiture PV. C’est pour les photos aeriennes je pense. Je trouve dans le texte de Yves une formulation parfaite de mon ressenti avec un argument historique en plus. Il est magique de pouvoir combiner couverture et production d’energie. Dans mon travail, je bosse sur les smart grids mais nos produits n’ont pas de débouchés en France. merci EDF, ABF et Bercy… Mes clients sont en Belgique, suede, suisse et surtout Allemagne (c’est incroyable ce qu’on fait les Allemands). Cependant, espoir car ABF est tellement extremiste que prochainement on leur fera taire leur messe en latin.
Arthur
Tout à fait en accord avec vous M Jautard, je viens de recevoir l’avis négatif pour un CES de l’archiprêtre des bâtiments de France. Notre joli pays va bientôt ressembler à un ensemble de pots de confitures bien scellés… Et pourtant, on a bien fait la Tour Eiffel, de superbes tours de refroidissement du nucléaire visibles depuis nos châteaux de la Loire, j’en passe et des meilleures. Cordialement A Renoust