Energie: Berlin veut organiser des enchères pour l’éolien et le solaire

AFPBerlin – L'Allemagne veut réduire le coût de sa transition énergétique en augmentant la concurrence dans les énergies renouvelables, notamment grâce à un système d'enchères pour les producteurs d'énergie solaire et éolienne à partir de 2017, selon un document obtenu par l'AFP.

Selon cette proposition émanant du ministère de l'Economie et de l'Energie, et qui s'inscrit dans les efforts de Berlin pour réduire les coûts de sa transition énergétique, les producteurs qui veulent construire de nouveaux parcs éoliens sur terre ou en mer, ou de nouvelles installations de photovoltaïque, seront mis en concurrence pour des projets particuliers. Aura le droit de passer à l'acte celui qui fera la proposition la plus économiquement viable – c'est-à-dire celle qui implique le moins de subventions.

Les offres (avec les besoins en subvention) les plus bas emporteront la mise, écrit le ministère. Les premières enchères selon ce principe doivent avoir lieu en mai 2017, et se poursuivre à un rythme de trois ou quatre par an.

L'Allemagne, qui ambitionne couvrir 80% de sa consommation d'électricité avec des renouvelables d'ici 2050, subventionne pour le moment les énergies vertes avec un prix fixe au kilowatt-heure, un mécanisme qui coûte cher.

Le ministre et vice-chancelier Sigmar Gabriel a promis de freiner les coûts, en annonçant une réduction du soutien public aux technologies les moins porteuses – la biomasse par exemple -, la fixation de plafonds de construction de nouvelles capacités par an et par type d'énergie, et l'introduction de plus de mécanismes de marché dans ce secteur.

Le nouveau système d'enchères ne concernera toutefois que les grosses installations, les petits parcs éoliens et solaires continuant de bénéficier de l'ancien régime.

Sa transition énergétique, qui implique aussi l'abandon d'ici 2022 du nucléaire, donne du fil à retordre à l'Allemagne, du fait de son coût et de la complexité du projet. La place du charbon, une filière encore importante de l'industrie allemande, est aussi un point sensible dans le débat public.

Lignite et houille, dont une partie extraite dans le pays, représentent environ 45% de la production d'électricité allemande. Cette semaine, avant de partir pour la conférence COP21 de l'ONU sur le climat à Paris, la ministre de l'Environnement Barbara Hendricks a jeté un pavé dans la mare en évoquant un horizon de 20 à 25 ans pour une sortie de l'Allemagne du charbon, un délai que les ONG appellent la chancelière Angela Merkel à embrasser aussi.

Pour le moment la chancelière, tout en soulignant la nécessité de décarboniser l'économie allemande, ne s'est jamais engagée sur un horizon de temps.

(©AFP / 26 novembre 2015 18h19)

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