Photovoltaïque : Un débat dépassé par David Callegari associé fondateur de In Sun We Trust

David CallegariLes nombreux avantages du photovoltaïque semblent encore en laisser certain sceptiques. L'argument péremptoire du moment concerne l'intégration au réseau. Argument d'autorité s'il en est puisque technique, implacable et froid comme la science. Pourtant il ne résiste pas à un examen un tant soit peu attentif : la part du photovoltaïque en France n'est pour l'instant que de 1%, alors même que des études prouvent que le réseau pourrait facilement supporter une injection de 20 à 30% de l'énergie totale. Que les détracteurs se rassurent donc, nous pouvons décupler encore plusieurs fois la capacité actuelle avant de rencontrer le moindre problème.

Mais en réalité cet argumentaire n'est qu'un procédé rhétorique éculé qui consiste à s'attacher à un point de détail pour mieux faire oublier ce qui est vraiment important : le solaire dominera le monde de l'énergie, c'est un fait et non un vœu pieu. Ce ne sont pas les pro- ENR qui l'affirment, mais l'IEA, les banques d'affaires les plus influentes et même les groupes pétroliers.

La raison dicte de se poser les bonnes questions : face à ce fait inéluctable il ne s'agit pas de se demander s'il sera possible d'intégrer le solaire au réseau, mais plutôt d'agir en amont en préparant le réseau à l'injection massive d'énergies renouvelables dans un futur proche.
Certains diront que cela a un prix. Et ils n'auront pas tort. Mais ne nous laissons par berner par la sémantique en confondant prix et valeur. Ces modifications constituent un investissement, non un coût. C'est-à-dire l'abandon d'une jouissance immédiate au profit d'une jouissance future. La notion d'investissement est fondamentalement liée à celle d'avenir, elle s'inscrit dans la durée et ne tolère pas le court-termisme.

L'immobilisme n'a jamais été et ne sera jamais une solution viable. La procrastination ne fera qu'empirer la situation en augmentant les coûts (et l'on parle bien ici de coûts économiques, et en particulier de coûts d'opportunité). Plus nous tarderons à agir, plus la facture sera lourde pour l'Etat et donc pour ses citoyens.

Depuis qu'elles sont compétitives, les énergies renouvelables transcendent les idéologies. Lorsque par exemple certains se réclamant du libéralisme les attaquent, ils renient les fondements même du courant de pensée auquel ils prétendent adhérer : elles favorisent la libre entreprise et créent de la valeur. Il n'y a donc pas lieu de se quereller à leur sujet.

Le sujet du climat est préoccupant, le temps presse pour intervenir avant d'atteindre un point de non-retour qui condamnera les générations futures. Et en parallèle nous nous débattons dans un marasme économique alors qu'un des relais de croissance les plus importants que ce siècle ait connu nous tend les bras. Le fait est que le photovoltaïque constitue une opportunité bénéfique pour tous. A ce titre il devrait être un sujet fédérateur et non clivant. Il existe bien d'autres sujets de débat, mais en ce qui le concerne cessons de discuter futilement : agissons !

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6 Commentaires

  1. Article auquel on ne peut qu’adherer, mais est-ce ici , en gens biens, qu’on doit le voire ou dans la presse generaliste et autour de soi ?
    Je presentais le PV, l’hydro et les EnR il y a deux jours au senateur Longuet, he bien il y a encore de boulot avant de changer les vieilles mentalités.

  2. Article important; J’aime cette approche:
    « La raison dicte de se poser les bonnes questions : face à ce fait inéluctable il ne s’agit pas de se demander s’il sera possible d’intégrer le solaire au réseau, mais plutôt d’agir en amont en préparant le réseau à l’injection massive d’énergies renouvelables dans un futur proche. »

  3. Bien que la part du solaire, pour l’essentiel photovoltaïque, soit encore faible dans la production mondiale d’électricité, c’est la source dont la croissance est de loin la plus rapide.
    Entre 2005 et 2013, la production d’électricité fossile a progressé de 30% dans le monde. L’électricité renouvelable a progressé de 52% dans le même temps alors que le nucléaire a régressé de 10%.
    http://energeia.voila.net/electri2/electricite_nucleaire_renouvelable.htm
    La part de l’électricité renouvelable, y compris l’hydraulique, a progressé de 19,5% en 2005 à 21,7% en 2013.
    Pour se limiter aux trois dernières années connues, éolien et solaire n’étant pas significatifs auparavant, la production d’électricité hydraulique a progressé de 9% en trois ans entre 2010 et 2013, celle de l’éolien a progressé de 83% et celle du solaire de 300% (multiplié par 4).

  4. On parie ?
    Le problème n’est pas dans la pertinence (indiscutable) des ENR, ni même dans leur intérêt économique, mais dans le conservatisme du modèle de production d’énergie en place.
    Sachant que les conservatismes retardent l’évolution et dans un contexte de concurrence mondiale proactive, cela peut vite devenir handicapant.
    On le voit actuellement par les difficultés que traverse le secteur nucléaire civil, représentatives de sa perte de compétitivité, tout du moins pour la production d’énergie hors contexte de fortes périodes de croissance. Malgré cela, à voir les réactions d’une majorité de dirigeants, on n’est pas près de sortir de ce modèle considéré (il y a déjà 50 ans…) comme « miraculeux ».
    Ce n’est donc pas uniquement l’aspect économique, ou technologique qui détermine les choix mais cela touche aussi au politique et au symbolique (il est sur qu’une terre plate serait tout de même plus facile à gérer). Mais en confondant dirigisme, paternalisme et protectionnisme, on s’éloigne du développement.
    Etant donné les milliards en jeu, en cas d’erreur de stratégie, c’est un risque important pris pour l’économie nationale.
    Un pari à quitte ou double ?

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