EELV s'étonne des déclarations de la ministre de l'Ecologie appelant à la construction de nouvelles centrales nucléaires. Ces déclarations vont à l'encontre des déclarations de Ségolène Royal durant la primaire socialiste, elles vont aussi à l'encontre du projet de loi sur la transition énergétique que porte la ministre qui prévoit de plafonner la capacité de production nucléaire. Au delà des questions de posture, construire de nouvelles centrales relève du mirage : la « nouvelle génération » de réacteurs type EPR n'est ni fiable ni bon marché. En témoignent les multiples retards dans le chantier de l'EPR et les importants surcoûts déjà actés avant même sa finalisation. « Il faut nommer un chat un chat : avec un coût presque trois fois supérieur au projet initial l'EPR cumule un gouffre financier et un échec industriel, il faut l'arrêter au plus vite » déclare Julien Bayou.
Pour Sandrine Rousseau, « ces revirements de la ministre sont un très mauvais signal envoyé aux industriels qui doivent préparer la reconversion de leurs activités. L'avenir du secteur énergétique ne réside pas dans des installations potentiellement dangereuses, mais dans le développement d'une filière de démantèlement et dans le soutien à une filière économiquement stable de production d'énergies renouvelables, car c'est là qu'on peut créer le plus d'emplois ».
Pour EELV, l'urgence c'est bien la fermeture de la centrale de Fessenheim, doyenne des centrales françaises située sur une zone à la fois sismique et inondable et menaçant en cas d'incident une des plus grandes nappes phréatiques d'Europe. EELV rappelle que l'intérêt de tous, y compris des industriels, est de ne pas s'enfermer dans un modèle de production obsolète mais au contraire de développer les solutions sobres en carbone et sans risques.






Personne ne devrait s’étonner de cette connivence permanente entre les politiques de divers bords et le nucléaire.
Après Fukushima, l’impératif électoraliste était de prendre ses distances avec le nucléaire pour gagner des voix aux élections de 2012.
Ensuite, nous avons été menés en bateau avec les pseudo-débats sur la transition énergétique et la loi du même nom.
Mais, aucune mesure concrète n’est annoncée pour la fermeture d’un tiers, en puissance, des réacteurs nucléaires. Rien de sérieux n’est fait pour le développement de toutes les énergies renouvelables. Le solaire en premier lieu, qui sera dans quelques années la source d’électricité renouvelable la moins coûteuse après l’hydraulique.
Comparatif avec le nouveau nucléaire :
http://energeia.voila.net/electri2/nucle_gb_solaire_de.htm
Le tarif d’achat prévu pour le projet nucléaire en Grande-Bretagne est déjà arrivé à 117 €/MWh, indexé sur l’inflation britannique depuis 2012. Tarif valable pendant 35 ans contre 15 ans seulement pour les énergies renouvelables en Grande-Bretagne.
En Allemagne, le tarif d’achat de l’électricité photovoltaïque n’est déjà plus que de 87 à 91 €/MWh pour les nouvelles installations solaires de 500 kWc ou plus.
Pour une petite installation de 40 à 500 kWc, c’est maintenant 109 €/MWh.
Le simple bon sens montre que le nucléaire est une absurdité économique et l’a sans doute toujours été, si l’on considère qu’il n’aurait jamais été économiquement viable sans le soutien de l’Etat dans tous les pays, sous différentes formes, souvent peut visibles.