Laurent Fabius demande aux pouvoirs publics de définir un cadre clair et stable pour les renouvelables

FabiusInvité ce dimanche des rencontres économiques d'Aix-en-Provence, qui ont réuni quelque 3.000 personnes, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a lancé dimanche un cri d'alarme sur le risque de dérèglement irréversible du climat, appelant les investisseurs internationaux à financer les énergies vertes rapporte une dépêche de l’AFP.

Au-delà de 2 degrés, ce sera le chaos climatique et personne: aucun particulier, aucune entreprise, aucune nation, aucune commune ne sera épargnée, a déclaré M. Fabius à l'occasion des rencontres économiques d'Aix-en-Provence, qui se sont tenues ce dernier week-end.

« Depuis le début de la révolution industrielle, les énergies fossiles ont été le principal moteur de la croissance ou en tout cas son accompagnateur et ce modèle arrive à épuisement non pas, comme on le dit parfois, à la fin de ce siècle. Mais, assez rapidement, il détruira plus de richesses qu'il n'en crée, » a dit le ministre, ajoutant « qu'il n'était plus question de réchauffement, de changement mais de dérèglement climatique. »

« J'ai voulu profiter du fait que beaucoup de responsables sont réunis ici pour lancer une sorte d'appel (…) aux investisseurs privés et institutionnels – je pense aux fonds souverains, fonds de pension, sociétés financières – à investir là où à long terme se trouve leur intérêt réel, parce que je pense que c'est de là que viendra l'essentiel des moyens nécessaires », a déclaré M. Fabius.

Il a proposé de fixer un objectif de 10% des portefeuilles traditionnels consacrés à l'économie verte en 2020 contre 1% actuellement.

« Des investissements massifs et pertinents sont nécessaires », a déclaré M. Fabius, plaidant pour « la réorientation dans les décennies qui viennent d'un peu plus de 1.000 milliards d'euros qui sont actuellement investis à hauteur de 80% vers les énergies fossiles contre 20% pour les renouvelables et de faire basculer cela progressivement ».

Il s'est également adressé aux pouvoirs publics, dont le gouvernement français, « qui doivent mettre en place un cadre clair et stable dans le temps pour sécuriser la rentabilité de tels investissements et doivent aussi stopper les subventions aux énergies fossiles. »

Et aux entreprises: « l'empreinte carbone des entreprises doit être publiée, évaluée et devenir un critère d'appréciation. Notamment, et j'espère ne pas ébranler les colonnes du temple, par les agences de notation, a-t-il lancé ».

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