Les salariés de l'entreprise Apex-BP Solar de Saint-Mathieu de Trèviers dans l'Hérault ont débrayé lundi 8 février à 14h00. Ils protestaient contre le plan social qui touche leur entreprise spécialisée dans le solaire photovoltaïque et concerne 65% des emplois soit plus de cinquante personnes. Le groupe pétrolier dont Apex-BP Solar est filiale a 100% change de stratégie. La direction américaine a décidé d'axer le développement de sa filiale française qui revendique vingt ans d'un savoir-faire technique, sur la vente de capteurs et le développement des centrales au sol. Histoire de dégager des marges plus substantielles qu'à l'heure actuelle. « Nos marges s'érodent et la direction veut plus de rentabilité. Elle met en place une structure de coûts adaptée à sa nouvelle stratégie » a déploré Bertrand Dellinger le directeur général d'Apex-BP Solar qui entend l'émotion et comprend la colère des salariés.
Une colère d'autant plus compréhensible que l'activité est actuellement profitable. « J'ai envie de pleurer. C'est brutal, c'est vingt ans de solaire foutus en l'air » s'étrangle un salarié. Le chiffre d'affaires d'Apex BP Solar a doublé en trois ans. Il est passé de 32 à 62 millions d'euros. Pas suffisant, apparemment, aux yeux des actionnaires et des grands patrons de BP Solar. « Difficile aussi d'être compétitif quand BP Solar nous vend ses capteurs à 1,95 euro le W quand on les trouve sur le marché à 1,45 en moyenne. Il nous étouffe eux-mêmes » déplore une salariée particulièrement remontée. La logique cynique des multinationales ! « Pour l'heure, il n'est pas question d'évoquer un quelconque démantèlement. Il s'agit certes d'une restructuration significative mais il existera un Apex BP Solar après celui-ci » tente de se persuader Bertrand Dellinger.
Outre Saint-Mathieu de Trèviers via Apex BP Solar, c'est tous les environs qui vont être touchés par cette restructuration entre fournisseurs, transporteurs et installateurs. En Plus des cinquante emplois de BP Solar, près de cent cinquante emplois induits sont directement concernés. Dans une région fortement gangrénée par le chômage, le coup est rude. A la veille des Régionales, les Apex ont ainsi reçu la visite de Jean-Louis Roumégas, tête de liste Europe Ecologie en Languedoc-Roussillon. Sa proposition en cas d'élection : « Nous proposerions dans ce type de cas de figure, sur des sociétés comme la vôtre, d'aider le personnel à reprendre la boîte en mettant un euro sur la table à chaque euro investi par les salariés. Une véritable subvention pour maintenir l'emploi en région, des emplois non délocalisables » a plaidé le candidat très à l'écoute des revendications. Et le personnel de maintenir la pression ces prochains jours pour éviter comme le chantaient Bashung que « Vos luttes partent en fumée sous des soleils qui s'ignorent ». Pendant ce temps, des palettes et des capteurs continuaient de bruler dans un ciel qui n'en finissait pas de se charger de nuages sombres !





