Il y a deux ans (déjà !), le lancement du
processus du Grenelle de l'Environnement suscitait un énorme espoir.
Enfin, on allait prendre les questions d'écologie et de développement
durable au sérieux. Enfin, on allait enrayer la dégradation de la
planète, réorienter les politiques les plus néfastes, réexaminer nos
habitudes et nos comportements… Quelques mois plus tard, la loi
d'orientation – la loi "Grenelle 1" – énonçait des intentions
ambitieuses, des intentions dont on nous disait qu'elles trouveraient
leur traduction concrète – des mesures et des moyens ! – dans une
seconde loi. Au terme de plusieurs mois de travail, en commission et en
séance, il faut aujourd'hui l'admettre : on est encore et toujours au
stade des bonnes intentions…
Le texte soumis aux sénateurs dans la soirée du 8 octobre constitue un
catalogue hétérogène, marqué par les incessantes pressions des lobbies,
qui auront sans vergogne et à chaque minute tenté de revenir sur les
acquis de la 1ère loi, comme par la volonté de ménager chèvres et
choux, et de prendre en compte les promesses contradictoires faites au
fil du temps. Devant le renoncement du gouvernement à matérialiser dans
la loi les espoirs qu'avait suscités la large consultation du Grenelle
de l'environnement, j'ai donc voté, avec un réel sentiment de
tristesse, contre ce texte. Si l'on considère les enjeux auxquels
l'humanité se trouve confrontée, ce sont dix-huit mois de perdus. Le
plan de communication du gouvernement, qui tente de repeindre de vert
jusqu'aux autoroutes, ne fait plus illusion. Face au dérèglement
climatique, les promesses, les proclamations et les moulinets de bras
ne suffisent plus. Un bilan se juge sur des actes, et celui-là est bien
maigre.





