Le producteur indépendant Reden franchit une nouvelle étape dans sa stratégie agrivoltaïque en lançant, dans les Landes, son premier projet associant production solaire et autoconsommation collective (ACC). Implantée sur la commune d’Argelouse, cette future centrale illustre l’évolution des modèles photovoltaïques vers une meilleure intégration territoriale, au service à la fois de l’agriculture et des consommateurs locaux.
D’un montant d’investissement estimé à 60 millions d’euros, le projet prévoit une puissance installée de 102 MW, répartie sur trois sites et environ 175 hectares de terres agricoles, dont 40 hectares équipés de panneaux solaires. Fidèle à son approche, Reden a conçu cette centrale en partenariat étroit avec deux exploitations agricoles locales, dans une région marquée par la culture du maïs et confrontée à des tensions croissantes sur la ressource en eau.
L’agrivoltaïsme y est pensé comme un outil d’adaptation agricole. Sur une partie des terres, l’un des exploitants s’orientera vers la culture de l’orge, moins gourmande en eau, associée à des cultures intermédiaires destinées à limiter la pollution des nappes par les nitrates. Les surfaces restantes seront enherbées et mises à disposition d’un éleveur bovin, qui pourra bénéficier d’un pâturage stable toute l’année.
Pour Reden, l’enjeu est clair : sécuriser un complément de revenu pour les agriculteurs tout en favorisant la transition des pratiques. Mais l’originalité majeure du projet réside dans son volet d’autoconsommation collective. Environ 2 à 2,5 MW, soit près de 2 % de la puissance totale, seront dédiés à l’ACC dans un rayon de 20 kilomètres autour de la centrale. Grâce au réseau d’Enedis, partenaire du projet, cette électricité locale pourra alimenter jusqu’à 2 000 foyers, 216 entreprises et 33 exploitations agricoles répartis sur six communes des Landes et de Gironde.
Reden table sur un prix de l’électricité autour de 15 €/MWh, permettant aux ménages participants de réaliser 150 à 200 euros d’économies par an, tout en offrant aux entreprises une solution concrète de verdissement de leur consommation, sans investissement initial. Un argument de plus en plus stratégique dans un contexte de volatilité des prix de l’énergie et de pression réglementaire croissante.
Le projet est encore en phase d’instruction administrative, notamment pour l’obtention du permis de construire, avec une mise en service envisagée à l’horizon 2028. S’il aboutit, il pourrait faire figure de référence nationale, en démontrant que l’agrivoltaïsme peut aussi devenir un levier structurant de l’autoconsommation collective et de la relocalisation de la valeur énergétique.





