mardi, janvier 13, 2026
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La Chine réduit ses soutiens à l’exportation de panneaux solaires et de batteries

La Chine a annoncé une révision majeure de sa politique de soutien industriel dans les technologies propres, en supprimant progressivement les crédits d’impôt à l’exportation dont bénéficiaient ses fabricants de panneaux solaires et, bientôt, ceux de batteries. Cette décision, évoquée dans un article des Échos daté du 12 janvier 2026 (Raphaël Balenieri, correspondant à Shanghai), s’inscrit dans un contexte de rééquilibrage économique et de tensions commerciales internationales.

Jusqu’à présent, les industriels chinois du solaire et du stockage bénéficiaient de crédits de TVA remboursables lorsqu’ils exportaient leurs produits. Mis en place dès 1985, ce mécanisme visait à renforcer la compétitivité des entreprises chinoises sur les marchés mondiaux et à éviter les effets de la double imposition. Or, avec le temps, ces aides ont eu des effets pervers : protégés par ces avantages fiscaux, les fabricants ont engagé une baisse agressive des prix à l’export, contribuant à une concurrence mondiale très difficile pour les acteurs européens et américains.

Selon Les Échos, ces mesures seront supprimées dès le 1er avril 2026 pour les panneaux photovoltaïques. Pour les batteries, le taux de remboursement de TVA baissera d’abord de 9 % à 6 % dès cette date avant d’être complètement supprimé en 2027. L’annonce de ce changement a eu un impact immédiat en Bourse : le titre de CATL, leader mondial des batteries, a reculé de 5 %, et d’autres grands fabricants chinois comme Eve Energy ou Gotion High-Tech ont également vu leur cours baisser.

Les conséquences structurelles de ces aides se lisent aussi dans les prix : en un peu plus d’un an, le coût des panneaux solaires a été divisé par deux, passant d’environ 20 centimes de dollar par watt au premier semestre 2023 à seulement 7-9 centimes en 2024-2025, selon le cabinet Wood Mackenzie. Cette chute des prix s’est accompagnée d’une érosion des marges et d’importantes pertes financières — près de 4,4 milliards de dollars entre janvier et septembre 2025, d’après le média économique Caixin.

La modification du dispositif s’inscrit donc aussi dans une logique interne à la Chine : réduire une concurrence interne jugée trop agressive — qualifiée d’« involution » par certains observateurs — et rationaliser l’utilisation des ressources fiscales dans un contexte de baisse des recettes. Elle pourrait également apparaître comme un geste envers l’Europe, dont l’industrie solaire s’était longtemps plaint des distorsions de concurrence liées aux subventions chinoises.

Plus largement, Les Échos rappellent que ce repli du soutien public n’est pas limité au solaire et aux batteries. Pour la première fois depuis une décennie, le secteur des véhicules électriques n’a pas été intégré dans le 15ᵉ plan quinquennal chinois (2026-2030), suggérant que Pékin souhaite désormais laisser davantage les marchés se consolider naturellement, sans aides massives.

L’article des Échos

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