Bonne nouvelle pour les consommateurs français : les tarifs réglementés de l’électricité devraient rester stables au 1er février, avec même une très légère baisse. Invitée de France Info ce matin, Emmanuelle Wargon, présidente de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), a annoncé que l’institution proposera au gouvernement une diminution moyenne de 0,8 % sur la facture d’électricité des ménages.
Concrètement, pour un foyer moyen consommant environ 1 100 euros d’électricité par an, cette évolution représente un gain d’environ 9 euros annuels. Une baisse modeste, mais qui s’inscrit dans la continuité du recul de 15 % intervenu en février dernier, et marque une phase de stabilisation après les fortes hausses liées à la crise énergétique post-Covid et à la guerre en Ukraine. Malgré cette amélioration, les tarifs demeurent encore environ 20 % plus élevés qu’avant 2020.
Emmanuelle Wargon a rappelé que la facture d’électricité se compose de trois grands postes. Le premier tiers correspond au prix de l’électricité sur le marché de gros, actuellement orienté à la baisse grâce à une production abondante. Le deuxième tiers concerne les réseaux de transport et de distribution, aujourd’hui stables mais appelés à rester élevés en raison des investissements massifs nécessaires à la modernisation du système électrique. Le dernier tiers regroupe les taxes et contributions, dont certaines baissent – comme la CTA – tandis que d’autres, notamment liées aux certificats d’économies d’énergie, augmentent.
La présidente de la CRE a également insisté sur deux leviers essentiels pour maîtriser sa facture. Le premier est la mise en concurrence des fournisseurs : certaines offres de marché sont aujourd’hui inférieures au tarif réglementé, sous la surveillance étroite de la CRE pour garantir leur solidité. Le second levier repose sur la flexibilité de la consommation, via les heures creuses. Désormais, dès lors qu’un ménage consomme plus de 26 % de son électricité en heures creuses, il devient gagnant financièrement.
Cette réforme des heures creuses, qui introduit progressivement des plages en journée, notamment l’après-midi en été, vise à mieux valoriser la production solaire. Pour Emmanuelle Wargon, le message est clair : la France dispose d’une électricité abondante, décarbonée et souveraine, issue du nucléaire et des renouvelables. Dans ce contexte, encourager l’électrification des usages – chauffage, mobilité électrique, équipements domestiques – apparaît comme un choix à la fois économique, écologique et stratégique, permettant de réduire la dépendance aux énergies fossiles importées.





