Le Baromètre 2025 de l’électricité renouvelable en France d’Observ’ER dresse le portrait d’un secteur en forte croissance, désormais solidement installé au cœur du mix électrique français, mais confronté à des incertitudes réglementaires et politiques majeures. En 2024, les énergies renouvelables ont couvert 31,3 % de la consommation nationale d’électricité, un niveau inédit, en progression de plus de six points depuis 2021. Sur la base des premières données de 2025, cette part pourrait atteindre 32,5 %, rapprochant la France de l’objectif de 40 % fixé pour 2030.
Cette montée en puissance est d’abord portée par le photovoltaïque, devenu en 2025 la première filière renouvelable en termes de capacité installée, devant l’hydroélectricité. Avec près de 30 GW raccordés à fin septembre 2025 et plus de 6,5 GW supplémentaires ajoutés sur les neuf premiers mois de l’année, le solaire confirme une dynamique exceptionnelle. La filière bénéficie notamment de l’essor de l’autoconsommation, individuelle comme collective, qui séduit de plus en plus de particuliers, d’entreprises et de collectivités.

L’éolien terrestre, en revanche, marque le pas. Malgré un parc de près de 24 GW, son rythme de déploiement ralentit pour la quatrième année consécutive, compromettant l’atteinte des objectifs fixés pour 2030 et 2035. Les contraintes foncières, les lourdeurs administratives et l’instabilité des orientations publiques pèsent sur les nouveaux projets. À l’inverse, l’éolien en mer poursuit une trajectoire plus encourageante, sous réserve du respect des calendriers industriels à venir.
Sur le plan économique, le secteur des énergies renouvelables électriques représente plus de 40 milliards d’euros d’activité en 2024 et environ 83 000 emplois directs. Le photovoltaïque se distingue par une croissance rapide de l’emploi, tandis que certaines filières, comme l’éolien terrestre, connaissent une stagnation, voire un léger recul.
Le baromètre souligne toutefois un décalage préoccupant entre la dynamique industrielle et l’incertitude du cadre politique. Les débats autour de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), les tentatives de moratoire parlementaire et la révision à la baisse de certains objectifs à horizon 2035 ont fragilisé la visibilité des acteurs. Dans ce contexte, Observ’ER et ses partenaires rappellent que la réussite de la transition électrique repose autant sur la stabilité des règles que sur l’innovation technologique.
À l’heure où l’électrification des usages devient un levier central de la décarbonation, le message est clair : la France dispose d’atouts considérables, mais leur valorisation exige un cap politique lisible, cohérent et durable.





