vendredi, janvier 30, 2026
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Le boom de l’intelligence artificielle met sous tension le marché électrique européen

L’essor rapide de l’intelligence artificielle pourrait devenir un facteur de fragilisation majeur pour le marché de l’électricité en Europe. C’est l’avertissement lancé par Eric Schmidt, ancien directeur général de Google, lors d’un entretien accordé à Montel News. En cause : la croissance fulgurante de la demande électrique des centres de données, qui risque d’exercer une pression accrue sur des systèmes électriques européens déjà confrontés à des prix élevés et à des contraintes structurelles.

Selon Eric Schmidt, la consommation d’électricité liée aux centres de données devrait presque doubler à l’échelle mondiale au cours des prochaines années. Cette dynamique est principalement portée par le développement de l’intelligence artificielle, dont les besoins en puissance de calcul et en disponibilité énergétique sont sans précédent. À l’horizon 2030, la demande électrique des data centers pourrait atteindre plusieurs dizaines de gigawatts supplémentaires, posant un défi majeur pour les réseaux et les capacités de production existantes.

L’Europe apparaît particulièrement vulnérable dans ce contexte. Les prix de l’électricité y sont déjà sensiblement plus élevés que dans d’autres grandes régions économiques, notamment aux États-Unis. Pour Eric Schmidt, cette situation pourrait peser sur l’attractivité du continent pour les investissements liés à l’IA. Il estime que les difficultés à raccorder rapidement de nouveaux centres de données au réseau électrique, combinées à des coûts énergétiques élevés, constituent un frein sérieux au développement de ces infrastructures stratégiques.

« Les entreprises planifient leurs besoins énergétiques trois à cinq ans à l’avance », souligne l’ancien dirigeant de Google. Or, les délais actuels de raccordement et les incertitudes sur la disponibilité future de l’électricité compliquent fortement ces projections. Dans certains cas, ces obstacles pourraient conduire des acteurs du numérique à privilégier d’autres régions du monde, mieux dotées en capacités électriques ou offrant un cadre plus prévisible.

L’analyse met également en lumière un décalage entre les choix politiques passés et les réalités économiques actuelles. Des décisions prises il y a plusieurs années en matière d’investissement dans les réseaux et les moyens de production entrent aujourd’hui en conflit avec l’explosion de la demande induite par le numérique et l’IA. Pour Eric Schmidt, l’Europe fait face à un problème « structurel » qui ne pourra être résolu sans une accélération massive des investissements énergétiques.

Si certains analystes estiment que des solutions existent — développement accéléré des énergies renouvelables, renforcement des réseaux, déploiement du stockage —, le constat est clair : sans réponse rapide et coordonnée, la montée en puissance de l’intelligence artificielle pourrait accentuer les tensions sur le marché électrique européen. À l’heure où l’IA est présentée comme un levier central de compétitivité et de souveraineté technologique, la question de l’énergie apparaît plus que jamais comme un facteur déterminant de la trajectoire économique du continent.

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