mercredi, février 4, 2026
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Roland Lescure veut faire de l’énergie le pilier de l’indépendance française

Dans un contexte géopolitique profondément bouleversé, le ministre de l’Économie et de l’Énergie, Roland Lescure, a placé l’énergie au cœur de sa feuille de route pour l’année à venir. Lors de la présentation de ses vœux à la presse, il a affirmé sa volonté de « bâtir la puissance énergétique de la France », qualifiant le sujet de « mère des batailles » pour l’indépendance nationale.

« L’énergie est une condition essentielle de notre souveraineté, notamment vis-à-vis des puissances pétrolières et gazières », a-t-il déclaré, alors que les relations diplomatiques entre l’Europe et les États-Unis traversent une phase de refroidissement. Pour le ministre, cette indépendance passe avant tout par une augmentation des capacités de production sur le territoire national.

Nucléaire, éolien en mer et hydraulique en priorité

Roland Lescure a confirmé que la stratégie énergétique française reposera sur plusieurs piliers. Le premier reste le nucléaire, avec la construction de nouveaux réacteurs et le renforcement des capacités industrielles en amont et en aval du cycle nucléaire. Un choix assumé, présenté comme indispensable pour garantir une production pilotable et bas carbone sur le long terme.

Le développement de l’éolien en mer constitue le deuxième axe majeur. La France maintient son objectif de porter la capacité installée à 45 GW d’ici 2050, contre environ 1,9 GW aujourd’hui. Une montée en puissance progressive, mais stratégique, pour diversifier le mix électrique.

Enfin, le ministre a évoqué la nécessité de régler un contentieux ancien avec la Commission européenne afin de pouvoir de nouveau investir pleinement dans les barrages hydroélectriques, autre composante clé de la production décarbonée et pilotable.

Une PPE attendue « dans les prochaines semaines »

Ces orientations doivent être formalisées dans la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), document stratégique fixant les objectifs de production à dix ans. Longtemps attendue, cette feuille de route devrait être publiée « d’ici quelques jours ou quelques semaines », après plus de deux ans de retard.

Si les ambitions affichées pour le nucléaire et l’éolien en mer sont claires, les objectifs concernant le solaire et l’éolien terrestre n’ont en revanche pas été rappelés. Selon Roland Lescure, le développement de ces filières devra se faire « en tenant compte de la stratégie industrielle française ». L’exécutif souhaite notamment que les grandes usines de fabrication d’équipements solaires et éoliens trouvent prioritairement leurs débouchés sur le marché national.

Des inquiétudes sur les renouvelables

Le dernier projet de PPE soumis à consultation en mars dernier prévoyait des objectifs compris entre 65 et 90 GW pour le solaire, 40 à 45 GW pour l’éolien terrestre et 18 GW pour l’éolien en mer. Mais depuis la révision à la baisse des perspectives de consommation électrique par RTE en décembre, plusieurs acteurs du secteur redoutent un abaissement des ambitions pour les énergies renouvelables.

À l’heure où la France cherche à concilier souveraineté énergétique, réindustrialisation et transition climatique, les arbitrages à venir dans la PPE seront scrutés de près par l’ensemble de la filière.

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1 COMMENTAIRE

  1. Et voilà !
    L’ Energie revient dans le giron des boites du CAC 40
    Fini la parenthèse de l’ énergie solaire développée par des TPE et des PME

    Le lobby des copains a gagné !
    Les territoires vont prendre cher dans les mois qui viennent

    Une seule solution :
    Battre Droite et Extrême Droite aux présidentielles !
    Il va falloir se motiver !
    C’est nos boites qui vont crever sinon

    Leur rentrer dedans et ne pas s’ excuser le lendemain qu’ on a parlé trop fort !
    @ser ; @enerplan

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