Souvent associé aux enjeux du nucléaire et aux projets d’EPR, le territoire de la Communauté de communes de la Plaine de l’Ain développe également, à l’échelle de ses communes rurales, une politique solaire fondée sur l’action locale et la coopération citoyenne. Détails !
Cinq ans après les premières installations photovoltaïques, la collectivité Plaine de l’Ain (CCPA) dresse un bilan d’étape d’une démarche structurée autour d’un partenariat étroit avec la Centrale Villageoise Pl’Ain d’Énergie, acteur central du déploiement du solaire local.
Pl’Ain d’Energie, une coopérative au service de la politique solaire locale
En parallèle des projets d’envergure nationale, la CCPA agit à l’échelle qui est la sienne : accompagner les communes volontaires, mobiliser les habitants et soutenir des projets énergétiques adaptés aux réalités rurales. Pour traduire cette orientation politique en réalisations concrètes, la collectivité s’appuie sur un modèle coopératif associant citoyens et collectivités, incarné par la coopérative Pl’Ain d’Énergie.
Organisée sous forme de société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), celle-ci regroupe aujourd’hui plus de 200 sociétaires et une quinzaine de bénévoles pour conduire les études techniques et économiques nécessaires aux projets photovoltaïques et assurer un rôle d’animation et de pédagogie auprès des habitants. Les installations photovoltaïques portées par Pl’Ain d’Énergie sont financées majoritairement par les citoyens, sous forme de parts sociales d’un montant unitaire de 100 euros.
Cette démarche permet aux habitants d’investir une part de leur épargne dans des projets locaux, avec un objectif de rentabilité modérée, sous forme de dividendes compris entre 1,5 % et 2 % par an, votés chaque année en assemblée générale. L’actionnariat repose ainsi sur un principe démocratique, selon lequel chaque sociétaire dispose d’une voix, quel que soit le nombre de parts détenues. La CCPA est entrée au capital de la coopérative Pl’Ain d’Énergie en 2021 puis à nouveau en 2025, affirmant ainsi son soutien institutionnel au modèle.
Pour accompagner la mobilisation citoyenne et amorcer les premiers projets photovoltaïques sur le territoire, la première souscription consistait à abonder à hauteur de 1 € chaque euro investi par les citoyens. En 2025, la collectivité a mobilisé 140 000 € en compte courant d’associé afin d’accélérer le déploiement des premières opérations d’autoconsommation collective.

Des bâtiments publics à l’autoconsommation collective : une montée en puissance progressive
La politique solaire du territoire s’est d’abord traduite par l’équipement de bâtiments publics en installations photovoltaïques. A partir de ce premier socle de production locale, la CCPA et Pl’Ain d’Énergie ont engagé une nouvelle étape avec le développement de projets d’autoconsommation collective associant bâtiments publics et habitants. Sur la commune de Cleyzieu, une installation photovoltaïque d’environ 36 kWc alimente aujourd’hui des équipements communaux ainsi que 27 foyers situés dans un rayon de 10 km.
L’électricité produite localement est proposée à un tarif d’environ 13,5 centimes d’euro par kilowattheure, permettant aux foyers participants de réaliser un gain estimé entre 10 et 22 % sur leur facture, tout en conservant leur fournisseur habituel pour le complément de consommation. Cette première opération réussie, la commune de Cleyzieu et ses habitants réfléchissent à d’autres opérations. Une seconde opération d’autoconsommation collective est en cours de déploiement sur la commune de Souclin.
Elle doit permettre d’alimenter environ 40 foyers supplémentaires, confirmant la volonté de la collectivité et de la Centrale Villageoise Pl’Ain d’Énergie d’inscrire ces projets dans la durée et de les étendre à d’autres communes du territoire. Quatre à cinq nouvelles installations sont ainsi actuellement à l’étude ou en préparation sur d’autres communes rurales du territoire.
Le cadastre solaire, un outil pour élargir la dynamique
Pour accompagner cette montée en puissance et sensibiliser les habitants, la CCPA a financé la mise en place d’un cadastre solaire intercommunal, publié au printemps 2024. Accessible aux habitants, aux communes et aux acteurs économiques, cet outil permet d’évaluer le potentiel solaire des toitures, d’estimer la production annuelle possible et d’appréhender les ordres de grandeur économiques d’un projet photovoltaïque.
Depuis son déploiement, sept réunions publiques ont été organisées entre 2024 et 2025, en lien avec Pl’Ain d’Énergie, afin de présenter l’outil et d’orienter les habitants vers des démarches individuelles ou collectives. Douze nouvelles réunions sont d’ores et déjà programmées en 2026. Le cadastre solaire se révèle être un très bon support pour communiquer, déconstruire certaines fausses informations et entamer des réflexions. Le duo Centrale Villageoise et Cadastre solaire constitue ainsi une vraie impulsion pour la diversification de l’approvisionnement énergétique.
Les données retraitées issues du cadastre mettent en évidence un gisement solaire potentiel net estimé à environ 1,2 TWh par an à l’échelle du territoire soit 3 à 4 fois plus que les objectifs du PCAET.





