Avec deux ans de retard, Sébastien Lecornu vient de dévoiler la feuille de route énergétique française 2025-2035, la Programmation Pluriannuelle de l’Energie 3. Après avoir agité l’étendard d’un moratoire, la trajectoire finalement retenue pour le photovoltaïque est un véritable coup de frein : 48 GW à installer à horizon 2030, soit 1.75 GW/an contre 5.9 GW en 2025. Recension de cette PP3, sans concession !
Manque d’un cap clair sur l’électrification des usages
La France importe chaque année près de 60 milliards d’euros d’énergies fossiles. Dans ce contexte, définir un cap clair en faveur de l’électrification des usages devient une priorité stratégique. L’objectif est posé : porter la part d’énergie décarbonée de 42 % en 2023 à 60 % en 2030. Mais une fois l’ambition affichée, reste une question essentielle : par quels moyens concrets cette trajectoire sera-t-elle réellement accompagnée et mise en œuvre ?
Le photovoltaïque : à nouveau au rang de variable d’ajustement
À nouveau, le photovoltaïque, comme l’ensemble des énergies renouvelables, est relégué au rang de simple variable d’ajustement. Pourtant, compétitif, rapide à déployer, pilotable et local, le solaire, filière désormais mature, a démontré qu’il constitue un véritable levier de souveraineté énergétique et de décarbonation rapide. La feuille de route actuelle manque clairement d’ambition. Avec un coût de production d’environ 40 €/MWh, le photovoltaïque contribue également à réduire la facture énergétique globale des Français.
Le stockage solaire : le grand absent de cette PPE3
Le stockage est pourtant la clé pour piloter la production renouvelable, soulager les réseaux et sécuriser l’équilibre du système électrique.
Un mix électrique déséquilibré
Le Groupe Le Triangle ne s’inscrit pas dans une opposition au nucléaire. La France a besoin d’un mix énergétique décarboné ambitieux. Mais parier majoritairement sur des capacités nouvelles dont la mise en service interviendra à l’horizon 2038 et ce, quoi qu’il en coûte, constitue un choix risqué.
Un cap incertain, des emplois menacés
La PPE3 prévoit une clause de revoyure en 2027. Une nouvelle fois, il devient difficile d’engager des investissements structurants et de renforcer la souveraineté industrielle de la filière sans visibilité à long terme. Par ailleurs, cette feuille de route présente des incohérences entre les volumes annoncés et les projections de création d’emplois associées.





