L’année 2025 confirme l’entrée de l’autoconsommation photovoltaïque dans une phase de maturité en Espagne. Selon le rapport annuel publié par APPA, 1.214 MW de nouvelle puissance ont été installés au cours de l’année, portant le parc total à 9.590 MW. L’autoconsommation représente désormais 4,1 % de la demande électrique nationale effectivement couverte, soit 10.550 GWh consommés directement par les producteurs.
Cette dynamique reste solide, mais marque un ralentissement pour la troisième année consécutive, avec une baisse de 15 % des nouvelles installations par rapport à 2024. Le segment industriel et commercial concentre 846 MW de nouvelles capacités, et 368 MW pour le résidentiel. Toutefois, le marché domestique affiche un léger rebond (+6,4 %), stimulé notamment par le « zéro énergétique » d’avril 2025, qui a ravivé l’intérêt des ménages pour la résilience énergétique.
Le stockage devient central
L’évolution la plus marquante de 2025 concerne le stockage derrière compteur. Les installations de batteries ont progressé de 119 % sur un an, atteignant 339 MWh supplémentaires, dont 158 MWh dans le résidentiel et 181 MWh dans le secteur commercial et industriel. Le stockage n’est plus un simple complément au solaire : il devient un outil stratégique pour optimiser la consommation, gérer les pics de demande et sécuriser l’approvisionnement.
Cette montée en puissance s’explique par la volatilité accrue des prix de l’électricité, oscillant entre 16,93 € et 108,31 €/MWh sur l’année, mais aussi par les limites du réseau. En 2025, 2.183 GWh d’électricité produite en autoconsommation n’ont pu être valorisés, soit 0,9 % de la demande nationale. Cette énergie non injectée représente un manque à gagner estimé à 82 millions d’euros sur l’année, portant à près de 600 millions d’euros le cumul des pertes liées aux contraintes de réseau depuis 2015.
Un levier clé de décarbonation
Malgré ces freins structurels, l’autoconsommation confirme son rôle dans la transition énergétique. Les 10.550 GWh effectivement consommés en 2025 ont permis d’éviter environ 2,15 millions de tonnes de CO₂. Depuis 2015, plus de 7,7 millions de tonnes ont ainsi été évitées grâce à la production distribuée.
Pour atteindre l’objectif de 19 GW fixé par le Plan national énergie-climat à l’horizon 2030, le rythme d’installation devra toutefois s’accélérer autour de 1.900 MW par an. Simplification administrative, renforcement des réseaux et intégration du stockage seront déterminants pour transformer ce potentiel en réalité durable.





