Photovoltaïque sur parkings : pour Coopérative U, l’obligation peut devenir une opportunité

Invité du podcast Génération Do It Yourself, animé par Matthieu Stefani, Dominique Schelcher, président de Coopérative U, est revenu sur les enjeux énergétiques des magasins de grande distribution. Au détour de l’échange, le dirigeant a livré un témoignage concret sur le photovoltaïque, entre contrainte réglementaire, investissement lourd et potentiel de création de valeur.

Le sujet est d’actualité pour les enseignes commerciales. La loi impose progressivement l’équipement des grands parkings en ombrières photovoltaïques. Une orientation jugée positive par Dominique Schelcher, mais dont il souligne le poids financier pour les exploitants. « Pour un Super U moyen, couvrir son parking de photovoltaïque, ça va être un an de résultat en investissement », explique-t-il. Autrement dit, l’obligation représente un effort considérable pour des magasins dont les marges restent souvent limitées.

Un levier d’autoconsommation déjà concret

Matthieu Stefani l’interroge alors sur la possibilité de transformer cette contrainte en opportunité, à l’image de grands groupes internationaux devenus producteurs d’électricité. Dominique Schelcher acquiesce sans détour. Pour lui, la transition énergétique peut devenir un atout économique.

Il cite l’exemple de son magasin de Fessenheim, en Alsace, déjà équipé de panneaux photovoltaïques sur une partie de la toiture et des façades. Résultat : l’installation couvre environ 20 % de la consommation électrique du magasin. « C’est formidable. Je paie 20 % de facture en moins », résume-t-il.

La grande distribution dispose en effet d’un profil intéressant pour l’autoconsommation : de vastes toitures, des parkings importants, des entrepôts et une consommation électrique élevée, notamment en journée. Mais l’équation reste imparfaite.

Le froid, principal verrou vers le 100 % solaire

Dominique Schelcher rappelle que les magasins alimentaires consomment de l’électricité 24 heures sur 24, principalement pour la production de froid. Les réfrigérateurs, chambres froides et équipements de conservation ne s’arrêtent pas la nuit, précisément lorsque le photovoltaïque ne produit plus.

Le stockage apparaît donc comme la prochaine étape. Le dirigeant se dit convaincu du potentiel des batteries, même s’il estime que la technologie n’est pas encore pleinement mûre pour les besoins des magasins. Le jour où l’électricité produite en journée pourra être stockée efficacement puis utilisée la nuit pour le froid, les supermarchés pourront réduire beaucoup plus fortement leur facture énergétique.

Bien dimensionner les installations

Dominique Schelcher insiste toutefois sur un point essentiel : le dimensionnement. Produire trop d’électricité n’est plus forcément rentable si le surplus injecté dans le réseau est faiblement rémunéré, voire difficile à valoriser localement lorsque les capacités d’accueil sont contraintes.

Pour Coopérative U, le photovoltaïque n’en demeure pas moins une opportunité, sur les magasins comme sur les entrepôts. À condition de penser les projets au plus près des usages réels : autoconsommation, stockage, production de froid et adaptation aux contraintes du réseau. Une approche pragmatique, qui résume bien le nouveau défi énergétique du commerce : transformer une obligation réglementaire en actif industriel et économique.

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