L’approche de l’élection présidentielle de 2027 commence à produire des effets très concrets sur le financement des projets d’énergies renouvelables en France. Dans une enquête publiée par La Tribune, plusieurs acteurs du secteur alertent sur le ralentissement des investissements dans les parcs éoliens et photovoltaïques, conséquence d’un climat d’incertitude politique et réglementaire devenu préoccupant.
La perspective d’une éventuelle arrivée au pouvoir du Rassemblement national, qui continue de défendre un moratoire sur l’éolien et le solaire, refroidit de nombreux investisseurs. Les opérations de fusion-acquisition se raréfient et les valorisations des projets sont en forte baisse. Les développeurs disposant pourtant de permis purgés de recours et de solutions de raccordement peinent désormais à trouver des acquéreurs.
Cette situation est aggravée par les choix récents de politique énergétique. La PPE3 a réduit les volumes d’appels d’offres dans le solaire et introduit davantage d’incertitude sur les perspectives de développement. Les professionnels constatent un décalage croissant entre les ambitions affichées d’électrification de l’économie et les mécanismes de soutien réellement disponibles.
Plus inquiétant encore, certains investisseurs anticipent déjà des « rachats à la casse » de projets portés par de petites structures fragilisées. Les acheteurs exigent désormais des garanties juridiques renforcées contre un éventuel changement de politique publique après 2027, allant jusqu’à prévoir des clauses de compensation en cas de remise en cause des dispositifs de soutien.
Pour autant, les fondamentaux du marché demeurent solides. La demande en électricité décarbonée, notamment pour les futurs centres de données et les usages liés à l’intelligence artificielle, reste orientée à la hausse. Plusieurs investisseurs rappellent également que la souveraineté énergétique et la décarbonation de l’économie européenne continueront de nécessiter des investissements massifs dans les énergies renouvelables. La question est désormais de savoir si la France saura restaurer rapidement la confiance indispensable à leur financement.





