En clôture du colloque annuel de l’Union française de l’électricité (UFE), la ministre de l’Énergie, Maud Bregeon, a réaffirmé la stratégie énergétique du gouvernement : poursuivre simultanément le développement du nucléaire et des énergies renouvelables tout en accélérant l’électrification des usages. Un message de continuité adressé aux acteurs de la filière à moins d’un an de l’élection présidentielle.
Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes sur les marchés de l’énergie, la ministre a insisté sur la nécessité de renforcer l’indépendance énergétique de la France. « L’urgence de la transition se rappelle à nous », a-t-elle déclaré, soulignant que l’énergie est désormais devenue « une composante du conflit à part entière ».
Maud Bregeon a rappelé que la France dispose d’atouts considérables, citant à la fois son parc nucléaire et le développement continu des énergies renouvelables. « Nous avons des parcs d’énergies renouvelables qui se déploient et c’est une excellente nouvelle », a-t-elle souligné.
La ministre a particulièrement insisté sur le tournant engagé depuis la crise énergétique de 2022. Selon elle, cette période a permis d’accélérer simultanément la relance du nucléaire, le développement des renouvelables et l’électrification de l’économie. « Il aura fallu des crises pour accélérer sur les énergies renouvelables et pour développer l’électrification », a-t-elle observé.
Concernant la production d’électricité, le gouvernement entend maintenir le cap fixé dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3). « Nous faisons le choix d’accélérer le développement de la production électrique, renouvelable et nucléaire », a rappelé la ministre.
Les filières renouvelables ont reçu un message de soutien particulièrement attendu. Alors que certains acteurs s’inquiètent d’un ralentissement lié aux échéances électorales de 2027, Maud Bregeon a voulu dissiper toute ambiguïté. Après avoir évoqué l’accélération de l’éolien en mer, marquée par le lancement de l’appel d’offres AO10 de 10 GW, elle a confirmé la poursuite des appels d’offres pour l’éolien terrestre et le photovoltaïque.
« Nous ouvrirons de nouveaux appels d’offres cet automne », a-t-elle indiqué, précisant également que l’objectif demeure d’ouvrir un nouvel appel d’offres dès janvier prochain. « Il est hors de question d’avoir un abandon ou une mise sur pause qui mettrait entre parenthèses toute perspective pendant au moins douze mois », a-t-elle affirmé devant les représentants des filières.
La ministre a également rejeté l’idée d’une opposition entre nucléaire et renouvelables. « On ne choisit pas entre le nucléaire et les énergies renouvelables », a-t-elle déclaré, réaffirmant la complémentarité des différentes sources de production dans le futur mix électrique français.
Au-delà de la production, Maud Bregeon a surtout insisté sur la nécessité de développer les usages électriques. L’objectif gouvernemental est de porter la part de l’électricité de 28 % à 40 % de la consommation énergétique française d’ici 2035. Une évolution qu’elle a qualifiée de défi majeur.
Cette stratégie passe notamment par l’accélération de la mobilité électrique, le déploiement des pompes à chaleur et la réduction progressive de la dépendance au gaz. La ministre a notamment annoncé la prochaine désignation des cent « territoires d’électrification », véritables laboratoires destinés à préparer la sortie progressive des énergies fossiles.





