À l’aube du nouveau mandat municipal, les collectivités locales se retrouvent plus que jamais au cœur de la transition énergétique. Si les énergies renouvelables constituent une opportunité de développement pour les territoires, leur mise en œuvre demeure complexe pour de nombreux élus, confrontés à des enjeux techniques, administratifs et parfois à une forte défiance locale. Pour les accompagner, cinq grands réseaux d’élus et de la transition énergétique lancent une nouvelle édition d’un parcours gratuit de formation, avec le soutien de l’ADEME.
Depuis l’adoption de la loi d’accélération des énergies renouvelables (APER) en 2023, les communes sont appelées à définir des zones d’accélération et à jouer un rôle central dans la planification énergétique. Une responsabilité importante, alors même que beaucoup de collectivités, notamment rurales, ne disposent ni des ressources humaines ni de l’ingénierie nécessaires.
Les élus locaux face au défi de la planification des énergies renouvelables
« Il est toujours difficile pour les élus ruraux de s’y retrouver entre la complexité technico-administrative des projets, le manque d’ingénierie et la défiance d’une partie de la population », souligne Fanny Lacroix, vice-présidente de l’Association des maires ruraux de France (AMRF).
Selon elle, le début du mandat constitue le moment idéal pour acquérir les connaissances permettant de répondre aux idées reçues et d’impliquer les habitants dans la gouvernance des projets. Au-delà de leur contribution à la décarbonation, les énergies renouvelables représentent également un levier de développement économique local. Revenus fiscaux, financement d’équipements publics, création de services ou encore implication citoyenne : les retombées sont d’autant plus importantes lorsque les collectivités participent directement à la gouvernance et, le cas échéant, au financement des installations.
Jean Révéreault, vice-président d’Intercommunalités de France en charge des transitions écologiques, rappelle que les élus devront rapidement faire face à plusieurs échéances structurantes : mise en œuvre du décret tertiaire, planification des zones d’accélération, évolution des documents d’urbanisme ou encore déploiement des PCAET. Autant de dossiers qui nécessitent une montée en compétence rapide.
Former les collectivités pour accélérer la transition énergétique des territoires
C’est précisément l’objectif du parcours d’initiation proposé par le réseau Cler, l’Association des maires ruraux de France, Intercommunalités de France, France Villes et territoires Durables et AMORCE. Organisée d’octobre à décembre 2026, cette formation en ligne s’adresse aux binômes élus-agents et abordera notamment la planification territoriale, l’agrivoltaïsme, l’autoconsommation collective et les méthodes de dialogue territorial destinées à prévenir les conflits.
Depuis son lancement en 2024, cette initiative a déjà réuni chaque année entre 300 et 400 élus. « Les élus ont besoin d’être informés et rassurés sur les énergies renouvelables », explique Pauline Michaud, responsable de projets au réseau Cler. Le programme leur permet également d’identifier les nombreux acteurs publics susceptibles de les accompagner dans leurs projets.
Le témoignage de Marie-Josée Déprez, maire de Clary (Hauts-de-France), ayant participé à l’édition 2025, illustre l’intérêt de cette démarche : « J’ai appris beaucoup et ce parcours a confirmé la nécessité pour nos communes d’agir et de développer les énergies renouvelables. »
Pour Sébastien Maire, délégué général de France Villes et territoires Durables, la résilience énergétique passe désormais par « la capacité des territoires à conjuguer sobriété et développement des énergies renouvelables ».
Une conviction partagée par Nicolas Garnier, délégué général d’AMORCE, qui rappelle que les collectivités obtiennent les meilleures retombées économiques, sociales et environnementales lorsqu’elles s’impliquent dès les premières phases des projets, en favorisant la gouvernance partagée, la mobilisation du foncier public et la participation citoyenne.
À l’heure où les collectivités devront accélérer la planification énergétique de leur territoire, cette formation apparaît comme un outil précieux pour transformer les obligations réglementaires en véritables opportunités de développement local, au service de la transition énergétique et de la résilience des territoires.





