Invité à débattre de la souveraineté énergétique, Raphaël Glucksmann, député européen et coprésident de Place publique, a défendu une ligne claire : la France et l’Europe ne retrouveront leur liberté qu’en sortant de leur dépendance au gaz et au pétrole. Pour lui, cette « laisse énergétique » pèse à la fois sur le climat, le pouvoir d’achat, les finances publiques et la souveraineté.
Sortir de la dépendance au gaz et au pétrole
Le constat est sévère. Chaque choc pétrolier ou gazier rappelle, selon lui, que les Français paient directement les décisions de dirigeants étrangers sur lesquels ils n’ont aucune prise. La guerre en Ukraine, le chantage gazier de Vladimir Poutine ou les tensions au Moyen-Orient se traduisent à la pompe et sur les factures. À cela s’ajoute un coût budgétaire massif : l’État a dépensé des dizaines de milliards d’euros pour amortir les prix des énergies fossiles, sans réduire durablement la dépendance du pays.
Face à cette situation, Raphaël Glucksmann plaide pour un retour de l’État stratège, à l’image du plan Messmer lancé après le choc pétrolier de 1973. Mais il ne s’agit plus seulement de construire des réacteurs nucléaires. L’objectif doit être une grande politique de sortie du fossile, combinant sobriété, efficacité énergétique, électrification, rénovation thermique, développement des transports collectifs, soutien à la voiture électrique accessible et investissements massifs dans le réseau, le stockage, le nucléaire et les énergies renouvelables.
Nucléaire, renouvelables et industrie européenne
Sur le mix électrique, le député européen refuse la guerre entre nucléaire et renouvelables. Il estime que la France aura besoin des deux. Mais il souligne que le retard actuel porte surtout sur les renouvelables, et notamment sur le photovoltaïque, dont l’industrie européenne a été fragilisée par la concurrence chinoise. Il cite l’exemple de Systovi, fabricant français de panneaux solaires, contraint de fermer malgré des investissements récents. Pour y répondre, il défend un « Buy European Act », une commande publique orientée vers les productions européennes et une politique commerciale plus protectrice.
La rénovation thermique des bâtiments constitue un autre pilier. Raphaël Glucksmann insiste sur la nécessité de lever les freins financiers, notamment l’avance de trésorerie, et appelle à un grand plan pour les écoles, trop souvent devenues des passoires thermiques.
Son message central est politique : la transition écologique ne doit plus être une priorité fluctuante, mais le cœur d’une stratégie nationale et européenne. Selon lui, l’Europe n’a pas le choix : sa souveraineté, sa démocratie et son avenir industriel passent par une révolution énergétique.





