Marine Tondelier défend une souveraineté énergétique fondée sur le 100 % renouvelable

Invitée à débattre des propositions de Terra Nova sur l’énergie, Marine Tondelier a placé les énergies renouvelables au cœur de la stratégie écologique qu’elle entend défendre. La secrétaire nationale des Écologistes a structuré son intervention autour de trois objectifs : respecter les accords de Paris, préserver la souveraineté française et européenne, et conduire une transition juste et démocratique. Dans cette architecture, les renouvelables occupent une place centrale, à la fois comme outil de décarbonation, de résilience et d’émancipation énergétique.

Pour Marine Tondelier, la souveraineté ne passe pas par une relance du nucléaire, mais par un basculement progressif vers un mix énergétique 100 % renouvelable. Elle défend cette trajectoire comme « la solution la moins coûteuse et la plus résiliente ». À ses yeux, la France doit sortir de sa dépendance aux combustibles importés, y compris à l’uranium, dont elle rappelle que la dernière mine française a fermé en 2001. Elle souligne ainsi que l’indépendance énergétique souvent associée au nucléaire est, selon elle, largement contestable.

Afin d’accélérer le déploiement des énergies renouvelables, Marine Tondelier propose plusieurs leviers concrets. Elle évoque notamment la création d’un prêt à taux zéro de la Caisse des dépôts et consignations, pouvant couvrir jusqu’à 60 % du coût des nouveaux projets ENR. Elle plaide également pour une territorialisation des objectifs, afin que chaque région puisse identifier les technologies les mieux adaptées à ses ressources : solaire ici, éolien offshore ailleurs, biométhane dans d’autres territoires. Cette approche doit s’accompagner d’objectifs annuels clairs en matière de nouvelles capacités installées et de stockage.

Le stockage constitue en effet un élément essentiel de cette vision. Marine Tondelier conteste l’idée selon laquelle la variabilité des renouvelables imposerait un socle nucléaire. Selon elle, l’éolien offshore, le stockage et le thermique renouvelable peuvent assurer la résilience du système électrique, comme c’est déjà le cas dans plusieurs pays européens.

La responsable écologiste insiste aussi sur la dimension industrielle de cette transition. Elle reconnaît la dépendance actuelle à la Chine pour certains composants, notamment solaires ou éoliens, mais y voit précisément une raison de reconstruire une industrie européenne des renouvelables. Commande publique, soutien fiscal, mobilisation de l’épargne et investissements dans la recherche doivent permettre de défendre les entreprises produisant en France et en Europe.

Enfin, Marine Tondelier défend une « démocratie énergétique » fondée sur les territoires et les citoyens. Elle appelle à créer un cadre juridique et financier permettant le déploiement de 10 000 communautés énergétiques renouvelables citoyennes, où habitants et entreprises pourraient produire, consommer, partager et bénéficier directement de leur propre énergie renouvelable.

Sur le même sujet

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisement -spot_img
- Advertisement -spot_img

Derniers articles

- Advertisement -spot_img