Les maires du Lot-et-Garonne tirent la sonnette d’alarme sur le biogaz et le solaire

Dans un courrier adressé le 22 juillet au Premier ministre, l’Association des maires de Lot-et-Garonne (ADM 47) dénonce les récentes orientations gouvernementales concernant les filières du biogaz et du solaire. Les élus estiment que ces décisions fragilisent les investissements engagés dans les territoires ruraux et appellent à rétablir un cadre stable pour les projets d’énergies renouvelables.

Dans cette lettre signée par son président Guillaume Lepers, également maire de Villeneuve-sur-Lot, l’ADM 47 exprime sa « très vive inquiétude » face à des décisions qui, selon elle, compromettent durablement la transition énergétique dans les territoires ruraux. L’association considère que ces annonces interviennent à un moment particulièrement délicat, alors que les collectivités, les agriculteurs et les entreprises sont confrontés aux conséquences du changement climatique, à la volatilité des marchés de l’énergie et aux difficultés économiques du monde agricole.

Les filières du biogaz et du BioGNV dans la tourmente

Les élus pointent d’abord les récentes modifications des règles économiques applicables aux unités de méthanisation de taille moyenne. Selon eux, cette évolution remet brutalement en cause des projets portés depuis plusieurs années par des agriculteurs ayant investi pour diversifier leurs revenus, renforcer l’autonomie énergétique du pays et réduire la dépendance aux importations de gaz fossile.

Le courrier évoque également la taxation annoncée du BioGNV, qui risque, selon l’association, de fragiliser un écosystème construit progressivement autour de cette énergie renouvelable. Les maires rappellent que le BioGNV contribue à la décarbonation des transports tout en valorisant une ressource produite localement. Ils estiment que l’électrification des usages ne doit pas conduire à affaiblir les autres solutions bas carbone et plaident pour une diversification du mix énergétique.

Le solaire sur bâtiments au cœur des préoccupations

L’ADM 47 se montre tout aussi critique à l’égard des orientations annoncées pour le photovoltaïque sur bâtiments. L’association redoute qu’un arrêt des appels d’offres jusqu’à l’échéance présidentielle ne place une partie de la filière dans une situation de quasi-paralysie, avec des centaines de projets suspendus ou abandonnés.

Les élus rappellent que les installations sur toitures agricoles, industrielles ou publiques permettent de valoriser des surfaces déjà artificialisées, sans consommation supplémentaire d’espaces naturels ou agricoles. Elles procurent également des revenus complémentaires aux exploitants, aux collectivités et aux acteurs économiques locaux, tout en répondant à l’augmentation prévisible de la consommation électrique, notamment liée aux besoins de climatisation. À leurs yeux, privilégier exclusivement les centrales au sol reviendrait à se priver d’un gisement largement accepté par les populations et cohérent avec les objectifs de sobriété foncière.

Un appel à la stabilité réglementaire

Au-delà des aspects économiques, les maires alertent sur les conséquences de ces évolutions pour les territoires ruraux. Ils soulignent que de nombreuses communes comptent sur les retombées financières des projets de biogaz et de solaire pour maintenir leurs services publics et accompagner la transition écologique locale.

L’association appelle enfin le gouvernement à renouer le dialogue avec les représentants des filières et à garantir un cadre réglementaire « stable, lisible et prévisible ». Selon les élus, seule une politique fondée sur la confiance permettra de poursuivre les investissements indispensables à la décarbonation, à la souveraineté énergétique et au développement économique des territoires ruraux.

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