Envision Energy a mis en service à Ulanqab, en Mongolie intérieure, son Galaxy Campus, une infrastructure dédiée à l’intelligence artificielle conçue pour dépasser à terme 2 GW de capacité. Le projet associe production renouvelable, réseau électrique dédié, stockage d’énergie à grande échelle et pilotage intelligent de la puissance. Une architecture qui illustre la convergence croissante entre data centers et infrastructures énergétiques.
Au cœur du projet se trouve un bâtiment de calcul intensif de 120 000 m², soit l’équivalent d’environ vingt terrains de football. Envision indique que l’installation pourra, une fois entièrement déployée, atteindre un million de PFLOPS de puissance de calcul et accueillir jusqu’à un million d’accélérateurs dédiés à l’IA.
Mais la singularité du Galaxy Campus se situe surtout du côté de son alimentation électrique. Le site est conçu pour être directement approvisionné par des énergies renouvelables, en particulier éoliennes et solaires, abondantes dans la région d’Ulanqab. Cette production est associée à des infrastructures de transport dédiées ainsi qu’à du stockage d’énergie à grande échelle.
Un « AI Power System » pour gérer une demande électrique massive
Envision a développé pour le campus son propre AI Power System, chargé d’orchestrer la production renouvelable, le stockage et l’alimentation des équipements informatiques. L’enjeu est de fournir une électricité stable à des installations dont les besoins en puissance deviennent considérables avec la montée en puissance des grands modèles d’intelligence artificielle.
Selon Ricky Zheng, directeur général de l’activité AI Data Center d’Envision, le fonctionnement de centaines de milliers, voire d’un million d’accélérateurs nécessite une infrastructure énergétique conçue spécifiquement autour des contraintes de l’IA. L’entreprise affirme que cette architecture pourrait permettre d’atteindre jusqu’à dix fois plus de capacité de calcul par mètre carré que dans des data centers conventionnels.
Le projet combine ainsi trois briques devenues stratégiques : électricité renouvelable, stockage et informatique à haute densité. Il met aussi en évidence un changement d’échelle : les data centers ne sont plus seulement des consommateurs raccordés au réseau mais tendent à devenir des systèmes énergétiques intégrés, avec leurs propres moyens de production, de stockage et de gestion de la puissance.
L’éolien et le solaire au service de l’IA
La localisation d’Ulanqab n’est pas anodine. La région dispose d’importantes ressources éoliennes et solaires, auxquelles s’ajoutent des infrastructures numériques permettant des connexions à faible latence pour les clusters de calcul. Envision entend exploiter cette combinaison pour créer un modèle de campus IA de plusieurs gigawatts directement alimenté par une électricité bas carbone.
Pour le secteur énergétique, le projet constitue un exemple particulièrement intéressant de l’évolution de la demande électrique liée à l’intelligence artificielle. La croissance rapide des capacités de calcul pose en effet de nouvelles questions en matière de disponibilité de puissance, de flexibilité et de stabilité du réseau.
Dans ce contexte, l’association de parcs renouvelables, de stockage stationnaire et d’un système de pilotage en temps réel pourrait devenir une architecture de référence pour les futurs grands centres de données.
5 GW de capacité de calcul « verte » visés d’ici 2030
Le Galaxy Campus constitue le premier projet emblématique de Mission Gobi, une initiative mondiale présentée par Envision à VivaTech à Paris en juin 2026. Le groupe ambitionne de développer 5 GW de capacité de calcul IA alimentée par de l’énergie verte d’ici 2030, principalement dans des régions désertiques ou arides bénéficiant d’importantes ressources renouvelables.
À Ulanqab, Envision cherche ainsi à démontrer qu’il est possible de rapprocher physiquement les infrastructures numériques énergivores des zones disposant de grandes capacités de production renouvelable.
Une approche qui pourrait ouvrir un nouveau débouché majeur pour l’éolien, le photovoltaïque et le stockage : alimenter directement les futures usines à calcul de l’intelligence artificielle.





