Budget 2027 : l’énergie concentre une large part des nouvelles coupes décidées par Bercy

Le gouvernement poursuit son effort de maîtrise des dépenses publiques, et le secteur de l’énergie figure parmi les principaux contributeurs aux nouvelles économies annoncées par Bercy. Sur les 1,3 milliard d’euros de coupes détaillées vendredi, une part importante concerne en effet les politiques énergétiques, à travers des annulations de crédits et des gels susceptibles de devenir définitifs d’ici à la fin de l’année.

Dans la mission « Écologie, développement et mobilité durable », les annulations atteignent 157 millions d’euros. À lui seul, le programme « Service public de l’énergie » supporte 142 millions d’euros de retrait, soit l’essentiel de l’effort demandé sur ce périmètre. Ces crédits servent notamment à compenser les charges supportées par EDF au titre des obligations de service public, dont les surcoûts liés à l’achat d’électricité renouvelable sous obligation d’achat et la péréquation tarifaire dans les territoires ultramarins.

Bercy justifie cette réduction par la remontée des prix de gros de l’électricité. Lorsque les prix de marché augmentent, l’écart entre le prix garanti aux producteurs et le prix de marché se réduit, ce qui diminue mécaniquement les compensations à verser par l’État.

La Commission de régulation de l’énergie a d’ailleurs réévalué en juillet 2026 les charges de service public de l’énergie à 12,3 milliards d’euros pour cette année, dont 9,06 milliards d’euros à la charge du budget de l’État. Cette estimation est inférieure de 631,2 millions d’euros à celle retenue un an plus tôt.

160 millions d’euros également gelés sur « Énergie, climat et après-mines »

Au-delà des annulations de crédits, Bercy met en place un « surgel » budgétaire de 783 millions d’euros. Dans ce cadre, le programme « Énergie, climat et après-mines » voit 160 millions d’euros rendus indisponibles. Il ne s’agit pas encore d’une annulation formelle, mais ces crédits resteront bloqués en l’absence de décision de dégel avant le 31 décembre.

Pour le secteur de l’énergie, l’effet est donc double : une baisse immédiate des crédits du service public de l’énergie et un gel complémentaire sur les politiques énergie-climat. La portée concrète de ce second volet dépendra toutefois des lignes budgétaires effectivement concernées par le surgel.

Ces décisions s’inscrivent dans le plan d’économies supplémentaires décidé cet été par le gouvernement afin de contenir le déficit public. Elles interviennent paradoxalement alors que l’État cherche parallèlement à accélérer l’électrification des usages, le développement des renouvelables et les investissements dans la flexibilité du système électrique.

La baisse des compensations versées au titre du soutien aux renouvelables ne traduit cependant pas nécessairement une réduction des dispositifs eux-mêmes : elle tient d’abord à l’évolution des prix de marché de l’électricité, qui réduit le coût budgétaire des contrats de soutien existants. C’est une distinction importante à garder à l’esprit pour apprécier l’impact réel de ces nouvelles mesures sur la transition énergétique.

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