Neoen inaugure en Bretagne sa première grande batterie française de 92 MW / 183 MWh

Neoen a inauguré le 8 octobre à Pleyber-Christ, près de Morlaix, la Breizh Big Battery, sa première installation de stockage de grande taille en France. D’une puissance de 92 MW pour une capacité de 183 MWh, elle devient la plus grande batterie de Bretagne et l’une des plus importantes du pays. Le site servira aussi de terrain d’expérimentation à RTE pour tester, pour la première fois en France, le passage d’onduleurs de batteries d’un fonctionnement « grid-following » à un fonctionnement « grid-forming ».

Avec la mise en service de la Breizh Big Battery (BBB), Neoen franchit une nouvelle étape dans son développement en France. Implantée à Pleyber-Christ, dans le Finistère, l’installation affiche une puissance de 92 MW et une capacité de 183 MWh. Neoen la présente comme sa première grande batterie sur le territoire français, la plus importante de Bretagne et l’une des plus puissantes actuellement en exploitation en France.

Le chantier a été mené en 18 mois et a mobilisé jusqu’à 50 personnes. La construction et l’assemblage ont été confiés à Huawei et Equans.

Au-delà de sa taille, la batterie doit surtout jouer un rôle dans l’équilibrage du système électrique. Comme les autres grandes installations de stockage, elle pourra absorber de l’électricité lorsque la production est abondante, puis la restituer lorsque le réseau en a besoin. Neoen souligne notamment sa contribution aux services système de régulation de fréquence et de tension, devenus de plus en plus importants à mesure que la part des productions renouvelables variables progresse.

Une batterie appelée à stabiliser le réseau

La Breizh Big Battery ne constitue donc pas seulement un nouvel actif de stockage. Elle doit également servir de démonstrateur technologique pour RTE.

La particularité du projet tient à une expérimentation lancée avec le gestionnaire du réseau de transport afin de modifier le mode de fonctionnement de certains onduleurs, sans remplacer le matériel. Le principe consiste à passer d’un fonctionnement dit « grid-following » à un fonctionnement « grid-forming » grâce à une mise à jour logicielle.

Dans le mode classique grid-following, les onduleurs des batteries se synchronisent avec la fréquence et la tension déjà présentes sur le réseau. Ils « suivent » donc celui-ci.

Le grid-forming repose sur une logique différente : les onduleurs génèrent eux-mêmes une référence de tension et de fréquence. Ils peuvent ainsi réagir plus rapidement à une perturbation et contribuer de manière plus autonome à la stabilité du réseau.

Pour RTE et Neoen, l’enjeu est précisément d’évaluer dans quelle mesure une batterie existante peut acquérir ces nouvelles fonctionnalités par simple rétrofit logiciel. L’expérimentation doit durer au moins un an et faire de BBB la première batterie française à proposer ce type de service renforcé.

Le stockage prend une place croissante dans le portefeuille de Neoen

Le projet breton illustre également l’accélération du développement de Neoen dans le stockage.

Depuis 2017, le groupe a constitué un important portefeuille international de batteries. En début d’année 2026, Neoen indiquait disposer de 2,8 GW / 8,1 GWh de capacités de stockage en exploitation ou en construction dans le monde. Parmi ses réalisations figurent notamment la Collie Battery en Australie, de 560 MW / 2 240 MWh, ainsi que plusieurs grandes installations dans les pays nordiques.

Le groupe a fait du stockage l’un de ses trois piliers, aux côtés du solaire et de l’éolien, et présente les batteries comme un outil indispensable pour accompagner la montée en puissance des énergies renouvelables et fournir de nouveaux services au système électrique.

En France, cette première réalisation de grande ampleur ne devrait pas rester isolée. Neoen a déjà annoncé le développement d’une autre batterie beaucoup plus importante en Île-de-France, confirmant sa volonté de renforcer rapidement sa présence sur ce marché.

Un enjeu directement lié à l’essor du solaire et de l’éolien

L’inauguration intervient à un moment où le stockage devient un élément central du débat sur l’évolution du système électrique français.

La multiplication des périodes de forte production solaire ou éolienne, parfois associées à des prix de marché très bas voire négatifs, renforce l’intérêt de pouvoir déplacer une partie de cette production vers les heures où la demande est plus forte.

Les grandes batteries peuvent ainsi fournir plusieurs services simultanément : absorber les excédents temporaires de production, restituer l’électricité quelques heures plus tard, participer aux réserves de fréquence et contribuer à la stabilité du réseau.

L’expérimentation menée à Pleyber-Christ ajoute une dimension supplémentaire : celle de la capacité des batteries à participer directement à la formation de la tension et de la fréquence du réseau.

Avec ses 92 MW / 183 MWh, la Breizh Big Battery marque donc pour Neoen l’entrée dans le stockage de grande échelle en France. Mais le principal intérêt du projet pourrait finalement résider autant dans les mégawattheures stockés que dans les services avancés qu’il permettra de tester pour préparer un système électrique combinant davantage de solaire, d’éolien et de flexibilité.

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