Dans un article publié le 4 novembre, Le Monde met en lumière le paradoxe actuel de la politique énergétique française : le gouvernement entend accélérer l’électrification des usages tout en réduisant simultanément le rythme de développement des énergies renouvelables.
D’un côté, les pouvoirs publics encouragent les véhicules électriques, les pompes à chaleur et plus largement le remplacement du pétrole et du gaz par une électricité produite en France. L’objectif affiché est de faire passer la part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie de 27 % aujourd’hui à 38 % en 2035.
De l’autre, les filières solaire et éolienne constatent un net ralentissement. La nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit notamment de diviser par deux le rythme de développement du photovoltaïque. Appels d’offres moins nombreux, mécanismes de soutien réduits, autorisations ralenties et incertitudes réglementaires alimentent l’inquiétude des professionnels.
Le retournement est d’autant plus brutal que les renouvelables avaient été fortement sollicitées après la crise énergétique de 2022. En 2025, plus de 6 GW de photovoltaïque ont ainsi été installés en France, près de trois fois plus qu’en 2022, tandis que les effectifs de la filière avaient fortement augmenté.
Le problème vient aujourd’hui du décalage entre une production d’électricité bas-carbone en hausse et une consommation qui tarde à redémarrer. Ce déséquilibre se traduit notamment par davantage d’heures à prix négatifs et par une modulation accrue du parc nucléaire.
Mais plusieurs experts interrogés par Le Monde mettent en garde contre une lecture trop rapide de cette situation. L’électrification de l’industrie, du chauffage et des transports reste indispensable pour réduire les importations d’énergies fossiles. Les filières renouvelables réclament donc avant tout de la cohérence et de la visibilité à long terme.






