samedi, janvier 10, 2026
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Agrivoltaïsme : TSE défend une énergie solaire utile, compétitive et au service de l’agriculture

Invité de French Tech Business sur BFM Business, Frédéric Nicolas, directeur général délégué de TSE, est revenu sur les enjeux et les promesses de l’agrivoltaïsme, à l’heure où l’électrification des usages et la souveraineté énergétique s’imposent comme des priorités nationales. Spécialiste de l’énergie solaire appliquée au monde agricole, TSE revendique une approche technologique exigeante, fondée sur la cohabitation réelle entre production d’électricité et production agricole.

Pour Frédéric Nicolas, l’agrivoltaïsme ne peut se résumer à la simple pose de panneaux solaires sur des terres cultivables. « L’agrivoltaïsme, c’est faire vivre ensemble l’énergie et l’agriculture, sans condamner les usages agricoles », insiste-t-il. Dans cette logique, la canopée agricole développée par TSE constitue l’une des solutions les plus abouties : des structures de grande hauteur — jusqu’à sept mètres —, avec des rangées espacées de 27 mètres, permettant le passage de toutes les machines agricoles et le maintien d’une activité productive sous les panneaux.

Élément central du dispositif, les panneaux sont montés sur des trackers capables de suivre la course du soleil, mais aussi de s’effacer lorsque les cultures en ont besoin, notamment au printemps. « Il ne s’agit pas seulement de coexister, mais d’entrer en synergie avec la plante », explique Frédéric Nicolas, répondant ainsi aux critiques sur une prétendue mise en concurrence entre agriculture et photovoltaïque.

Si ces canopées représentent une prouesse technologique, elles ne constituent pas l’essentiel du portefeuille de TSE. La majorité des projets en développement repose sur des structures plus légères, avec des panneaux inclinés à 2,80 mètres, un espacement de 14 mètres entre rangées et une parfaite compatibilité avec les grandes cultures. Au total, TSE revendique aujourd’hui près de 3 GW de projets en développement, 400 MW en exploitation ou en construction, et un objectif de 5 GW d’ici 2027 — soit l’équivalent d’environ un réacteur nucléaire et demi en puissance installée, toutes proportions gardées.

Sur le plan économique, Frédéric Nicolas balaie l’idée d’un surcoût rédhibitoire. Les projets agrivoltaïques n’entraînent aucun investissement pour les agriculteurs, qui sont rémunérés pour la gestion de la coactivité. Certaines solutions affichent même des coûts de production compétitifs, autour de 68 euros par MWh, avec une « courbe d’utilité » mieux adaptée aux besoins du système électrique.

Pour TSE, l’enjeu n’est pas seulement de produire une électricité bon marché, mais une électricité utile, pilotable et intégrée au réseau. À ce titre, le développement du stockage et l’adaptation de la production solaire aux signaux de marché constituent des leviers essentiels. « Le solaire n’est plus une énergie intermittente, il est en passe de devenir quasi permanent », affirme Frédéric Nicolas, soulignant l’importance d’investir dans la production plutôt que de subventionner la consommation.

Un message en phase avec les analyses récentes de RTE, qui alertent sur le retard pris par la transition énergétique. Pour TSE, une chose est claire : investir dans des capacités de production renouvelable, utiles et compétitives, est la clé pour faire baisser durablement les prix de l’électricité et renforcer la souveraineté industrielle française.

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