jeudi, février 19, 2026
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Allemagne : un audit sur la transition énergétique déclenche la polémique

Katherina Reiche (CDU)

Katherina Reiche, ministre de l’Économie d'Allemagne

La nouvelle ministre de l’Économie, Katherina Reiche (CDU), a commandé un “monitoring” de l’Energiewende. Avant même sa publication, le document est accusé de vouloir freiner les renouvelables. Mais une analyse du Handelsblatt suggère qu’il pourrait au contraire confirmer un large consensus scientifique.

Berlin — Faut-il vraiment ralentir la transition énergétique allemande ? La question embrase le débat public depuis que la ministre de l’Économie, Katherina Reiche (CDU), a chargé l’Energiewirtschaftliches Institut (EWI) de l’Université de Cologne et le cabinet BET Consulting de livrer, d’ici au 31 août, un « Energiewende-Monitoring ». Objectif affiché : vérifier « de combien d’électricité verte l’Allemagne aura réellement besoin » et où porter l’effort.

Avant même sa sortie, la démarche est vertement critiquée. Nina Scheer, porte-parole énergie du groupe SPD, met en garde la ministre contre toute tentation de « réinterpréter » l’accord de coalition en privilégiant la minimisation des coûts au détriment des objectifs climatiques. À gauche, Die Linke redoute un « Reiche-Knick », un coup de frein au déploiement des renouvelables. L’Umweltinstitut München voit dans ce monitoring un instrument pour justifier un ralentissement du cap actuel.

Le mandat confié aux experts laisse pourtant peu de place aux ruptures : il s’agit surtout de passer au crible la « multitude d’études » déjà publiées. Et, selon une analyse du Handelsblatt (Catiana Krapp), ces travaux, bien que financés par des acteurs aux intérêts divergents, convergent sur l’essentiel. Trois sujets dominent : l’évolution de la demande électrique, l’ampleur du futur déploiement renouvelable et le rôle d’appoint des centrales à gaz.

D’abord, la consommation d’électricité devrait croître avec l’électrification de l’industrie, du chauffage et des transports. Autrement dit, l’Allemagne n’a pas moins, mais davantage d’électricité décarbonée à produire. Ensuite, le rythme de déploiement des renouvelables apparaît décisif : les scénarios récents concluent qu’un accroissement soutenu de l’éolien et du solaire demeure la voie la plus efficace, tant en termes climatiques qu’économiques, pour couvrir cette demande supplémentaire. Enfin, des capacités à gaz resteront nécessaires comme filet de sécurité lors des périodes de faible production éolienne et solaire ; elles doivent toutefois être pensées comme flexibles, de plus en plus compatibles avec des gaz décarbonés et utilisées principalement en appoint.

Pris ensemble, ces constats conduisent à une réponse claire à la question initiale : l’enjeu n’est pas de freiner l’Energiewende, mais de la piloter finement, en sécurisant les investissements, en renforçant les réseaux et en calibrant les moyens d’appoint. Un ralentissement risquerait au contraire d’accroître la dépendance aux importations fossiles et d’alourdir la facture climatique comme économique.

Le rapport attendu pour le 31 août devra trancher dans un contexte politique tendu. S’il confirme la convergence des études, il pourrait repositionner le débat là où les experts le situent : non pas sur l’opportunité de la transition, mais sur sa mise en œuvre pragmatique — rythme de déploiement, acceptabilité locale, financement, et intégration système. Autant de décisions qui diront si l’Allemagne choisit d’accélérer avec méthode plutôt que de freiner au risque de dérailler.

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5 Commentaires

  1. La cour des comptes fédérales à produit un rapport qui faisait suite à de nombreuses alertes concernant la politique de transition en Allemagne (https://allemagne-energies.com/2024/03/11/le-rapport-accablant-de-la-cour-federale-des-comptes-sur-la-transition-energetique/).
    Les accords entre l’UE et des pays UE avec des pays d’Afrique du nord affichent clairement l’introduction massive de vecteurs énergétiques (ammoniaque, H2, depuis, Egypte, Maroc, Mauritanie, Algérie) sur un modèle proche des accords entre l’Australie et le Japon.
    L’intégration de l’évolution des conditions climatiques risquent de changer le régimes des vents et donc impacter le facteur de charge des dispositifs éoliens.
    Depuis cet environnement quel est le champ des possibles…

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