Le Solaire Territorial dénonce l’absence totale de visibilité pour le segment basse et moyenne tension post-juillet 2026 et l’instauration d’un appel d’offres fusionné qui signe l’arrêt de mort des toitures, ombrières et installations de proximité.
Des annonces qui entérinent une rupture de trajectoire pour le solaire de réseau
Ce matin, lors d’une conférence de presse à Bercy, la ministre déléguée en charge de l’Énergie, Maud Bregeon, et le ministre de l’Économie, Roland Lescure, ont présenté les appels d’offres photovoltaïques de la PPE3. Si l’objectif de 48 GWc installés en 2030 est maintenu, le Solaire Territorial tient à alerter sur ce que ces annonces signifient concrètement pour les projets à ancrage territorial.
La mesure phare — et la plus préoccupante — est le lancement d’un appel d’offres « toutes technologies » (photovoltaïque sur bâtiment, ombrières, sol dégradé, petit sol) dont la publication est annoncée à l’automne 2026. Ce dispositif fusionné place l’ensemble de ces segments en concurrence frontale sur le seul critère du prix.
Un appel d’offres fusionné, outil de destruction du solaire territorial
Le Solaire Territorial le dit clairement : cet appel d’offres « toutes technologies » n’est rien d’autre qu’une façon de tuer les toitures et les ombrières. En imposant la compétitivité-prix comme unique critère d’attribution, le gouvernement sait pertinemment que les petits projets de réseau — toitures industrielles et tertiaires, ombrières de parking, installations sur sol dégradé — ne pourront jamais concurrencer les centrales de grande puissance.
C’est la fin du solaire territorial, celui où l’acceptabilité locale est au coeur du projet, celui qui valorise les surfaces déjà artificialisées, celui qui raccorde sur les réseaux de distribution basse et moyenne tension plutôt que sur le réseau de transport.
Un vide réglementaire et des freins structurels ignorés pour le petit photovoltaïque
Le gouvernement affiche sa volonté de maximiser l’autoconsommation pour le segment de moins de 100 kWc. Mais aucune mesure concrète n’a été présentée pour lever les freins structurels qui bloquent aujourd’hui ce développement. Ni la suppression de l’obligation de fourniture à un fournisseur tiers, ni la suppression du TURPE soutirage pour les installations en autoconsommation — deux leviers pourtant essentiels pour rendre économiquement viables ces projets de réseau — ne figurent au programme.
Plus grave encore, le gouvernement n’a pas abordé la règle du « premier arrivé, premier servi » sur le réseau RTE, qui crée un phénomène de fausse saturation des postes sources sur le réseau Enedis. Des centaines de projets en basse et moyenne tension se voient refuser le raccordement non pas en raison d’une saturation physique réelle, mais parce que la file d’attente RTE — alimentée majoritairement par de grands projets — consomme théoriquement toute la capacité disponible du poste. Cette règle, conçue pour le réseau de transport, fabrique une saturation totalement fictive qui tue le solaire de proximité dans l’œuf.
Pour les développeurs, les installateurs, les collectivités et les entreprises qui ont engagé des projets sur ces segments, cette accumulation de non-décisions est invraisemblable. Elle interrompt les financements, bloque les décisions d’investissement et menace directement l’emploi dans les territoires.
Nos demandes
- La publication immédiate d’un calendrier de soutien pour le photovoltaïque en basse et moyenne tension post-juillet 2026.
- Le renoncement à un appel d’offres fusionné qui écrase les spécificités des projets territoriaux. Les segments toitures, ombrières, sol dégradé et petit sol doivent faire l’objet de dispositifs dédiés, intégrant des critères d’acceptabilité locale.
- La suppression de l’obligation de fourniture à un tiers et du TURPE soutirage pour les installations en autoconsommation de moins de 100 kWc.
- La réforme de la règle du premier arrivé, premier servi sur le réseau RTE afin d’éliminer les phénomènes de saturation fictive des postes sources Enedis.
- La reconnaissance du rôle du solaire territorial dans la résilience énergétique, l’intégration paysagère et l’ancrage local de la transition énergétique.
« Le gouvernement affiche vouloir que 41 % des volumes soient sur petites et moyennes toitures. Mais sans mécanisme de soutien dédié et sans lever les blocages réglementaires qui paralysent le raccordement Enedis, cet objectif reste un vœu pieu. Nous ne laisserons pas le solaire territorial disparaître au nom d’une compétitivité-prix qui ne s’applique qu’à lui. » Hadrien Clément, Président du Solaire Territorial





