vendredi, février 20, 2026
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Autoconsommation : la grande distribution plaide pour un cadre plus souple

Face aux obligations croissantes de couvrir leurs parkings de panneaux solaires, les enseignes de la grande distribution alertent sur les limites économiques et techniques d’un modèle trop rigide. Lors du Sommet de la transformation durable 2025, les représentants de Périphème et Dulet Sterwen ont plaidé pour une adaptation des règles à la réalité des sites, tout en réaffirmant leur engagement en faveur des énergies renouvelables.

Dans le cadre du Sommet de la transformation durable 2025, B SMART a consacré une émission à un enjeu central de la transition énergétique : l’autoconsommation dans la grande distribution. Deux experts du secteur ont échangé sur le plateau : Maë Lemoel, vice-présidente de Périphème (la fédération technique du commerce), et Quentin Desumeau, associé chez Dulet Sterwen.

Lemoel rappelle que les enseignes de distribution disposent de vastes réserves foncières – toitures, parkings – aujourd’hui soumises à des obligations de couverture par panneaux photovoltaïques, en application de la loi APER. Si le secteur s’engage dans cette voie, il alerte sur une mise en œuvre trop rigide. « Nous défendons une adaptation des surfaces photovoltaïques à nos capacités d’autoconsommation réelles », explique-t-elle, plaidant pour une flexibilité qui évite la surproduction et intègre davantage de végétalisation.

De son côté, Desumeau chiffre le potentiel technique à 23 GW si l’on équipait l’ensemble des 50 000 parkings concernés – soit plus qu’un réacteur nucléaire. Il soutient l’idée de mobiliser les surfaces artificialisées pour la production d’énergies renouvelables, tout en soulignant la diversité des contextes : « Un petit supermarché pourra consommer toute l’électricité produite, un hypermarché avec un parking de plusieurs hectares non ».

L’enjeu économique est crucial. Lemoel évalue à 3,6 milliards d’euros par an jusqu’en 2030 le coût de mise en conformité des parkings, auquel s’ajoutent les investissements pour la recharge électrique ou la production de froid. Un total estimé à 7,5 milliards par an, « autant d’argent qui n’ira pas à la modernisation de l’activité commerciale ».

Les deux intervenants appellent à une modération législative : adaptation des obligations à la consommation réelle, intégration du végétal, assouplissement des délais. Ils saluent toutefois la clarté des signaux réglementaires récents, notamment le rejet du moratoire sur l’ombriérage à l’Assemblée nationale. « Il faut de la stabilité pour mobiliser les acteurs », conclut Desumeau.

L’émission reflète ainsi les tensions entre ambition climatique et réalité économique, et souligne la nécessité d’un dialogue constructif entre législateur et terrain.

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