mardi, mars 3, 2026
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Aux États-Unis, le mouvement MAGA redécouvre le solaire

Article issu d’une analyse publiée par le Washington Post le 2 mars 2026, sous la plume d’Evan Halper.

Longtemps vilipendé par Donald Trump et une partie de la droite américaine, le solaire semble aujourd’hui bénéficier d’un regain d’intérêt au sein même du camp MAGA. Selon un article du Washington Post publié hier, le 2 mars 2026, plusieurs figures influentes proches de l’ancien président plaident désormais ouvertement en faveur de cette énergie, jugée stratégique pour soutenir l’essor de l’intelligence artificielle et contenir la hausse des factures d’électricité.

Un changement de ton au sein de l’entourage trumpiste

Le quotidien américain prend pour exemple Katie Miller, militante conservatrice et podcasteuse proche du président, dont les prises de position épousent habituellement les codes du mouvement « Make America Great Again ». Mais récemment, elle a surpris en affirmant sur les réseaux sociaux : « L’énergie solaire est l’énergie du futur » et en appelant à un développement accéléré du solaire pour rivaliser avec la Chine.

Katie Miller lors d’un diner à la Maison-Blanche

Ces déclarations tranchent avec les propos répétés de Donald Trump, qui a qualifié les panneaux solaires de « verrue sur le paysage », « très inefficaces » et « très laids », allant jusqu’à les associer — avec les éoliennes — à « l’arnaque du siècle ». Son administration a d’ailleurs bloqué des centaines de projets, privilégiant les combustibles fossiles.

Pourtant, Katie Miller n’est pas isolée. Le Washington Post souligne que d’autres personnalités de premier plan — comme l’ancien président de la Chambre Newt Gingrich, la stratège Kellyanne Conway ou encore le sondeur Tony Fabrizio — mettent désormais en avant le rôle du solaire dans la stratégie énergétique américaine.

L’explosion de la demande électrique change la donne

Cette inflexion intervient dans un contexte de tension croissante sur le système électrique américain. Les États-Unis connaissent la plus forte augmentation de la demande d’électricité depuis des décennies, principalement en raison de la multiplication des centres de données destinés à l’intelligence artificielle.

Les entreprises technologiques alertent sur le manque de capacités disponibles. Dans ce contexte, le solaire apparaît comme l’une des rares technologies capables d’être déployées rapidement : les projets peuvent être planifiés et raccordés au réseau bien plus vite que les centrales à gaz, au charbon ou nucléaires.

Selon l’Energy Information Administration, le solaire et le stockage représenteront 79 % des nouvelles capacités électriques installées en 2026. Une grande partie de ces projets se situe dans des États républicains, notamment au Texas.

Compétitivité, souveraineté et maîtrise des coûts

Pour les conservateurs favorables au solaire, l’argument climatique reste secondaire. Ce qui domine, selon le Washington Post, ce sont les enjeux de compétitivité industrielle, de souveraineté énergétique et de maîtrise des coûts pour les ménages.

Même le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, pourtant critique du solaire par le passé, a récemment reconnu qu’il pouvait jouer « un rôle commercial » pour fournir une énergie abordable et fiable.

Elon Musk s’inscrit dans cette dynamique. Tesla prévoit de développer une capacité de production massive de cellules solaires aux États-Unis, visant à soutenir le boom des centres de données. L’objectif affiché : renforcer l’indépendance industrielle face à la Chine.

Une évolution politique significative

Des sondages cités par le journal montrent que le soutien au solaire reste majoritaire, y compris chez les électeurs républicains. Si beaucoup d’entre eux demeurent opposés aux subventions publiques, ils reconnaissent que le solaire, souvent couplé au stockage, constitue l’option la plus rapide et la moins coûteuse pour ajouter de nouvelles capacités électriques.

Le Washington Post observe ainsi un repositionnement stratégique : le solaire n’est plus seulement perçu comme une cause environnementale portée par la gauche, mais comme un outil au service de la domination technologique américaine et de la stabilité des prix de l’énergie. Un tournant qui aurait été difficilement imaginable il y a encore un an.


États-Unis : un sondage révèle le soutien majoritaire des électeurs pro-Trump au solaire

Un sondage exclusif relayé par Axios révèle qu’une majorité d’électeurs de la coalition pro-Trump soutient l’énergie solaire, en particulier lorsque les panneaux sont fabriqués aux États-Unis et sans composants chinois. Réalisée par le cabinet Fabrizio, Lee & Associates pour le fabricant américain First Solar, l’enquête montre que 51 % des électeurs « GOP+ » — républicains, indépendants proches du GOP et électeurs de Trump — sont favorables au solaire à grande échelle, contre 30 % d’opposants. Ce soutien grimpe à 70 % lorsque la production est 100 % domestique.

Par ailleurs, 68 % des sondés estiment que toutes les formes de production électrique, y compris le solaire, doivent être développées pour réduire les coûts de l’électricité. Selon la note d’analyse, ces électeurs associent le solaire à l’indépendance énergétique et à la maîtrise des factures. L’étude, menée auprès de 800 électeurs (marge d’erreur ± 3,46 %), pourrait peser sur le débat énergétique à Washington.

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