dimanche, mars 1, 2026
spot_img

Bilan électrique 2025 : la production d’électricité décarbonée dopée par le solaire et l’éolien

Le Bilan électrique 2025 de RTE confirme que les conditions sont réunies pour permettre à la France d’accélérer son électrification et réduire durablement sa dépendance aux énergies fossiles : une production abondante et décarbonée à plus de 95 % (le volume de production décarbonée atteint un niveau historique) et des prix compétitifs, inférieurs à ceux de nombreux voisins, qui se traduisent par des exportations record. Le parc installé de production d’électricité français a par ailleurs poursuivi son développement avec une forte croissance des capacités solaires et la mise en service d’un nouveau parc éolien en mer. Explications !

Le Bilan électrique français pour l’année 2025 met en évidence des constats inédits. En 2025, la consommation électrique est demeurée stable, et reste près de 6% inférieure à son niveau d’avant-crise. La production totale d’électricité en France a légèrement crû en 2025 (547,5 TWh) mais la production bas-carbone a atteint un maximum historique de 521,1 TWh et la production thermique fossile a atteint son plus bas niveau depuis 75 ans. La part d’électricité bas-carbone dans le mix français se maintient donc à plus de 95 %. Le contenu en émissions de la production d’électricité française a atteint un minimum historique (10,9 MtCO2eq) et est l’un des plus bas d’Europe.

La capacité solaire installée a dépassé en 2025 celle des installations hydrauliques françaises

Le parc électrique en France métropolitaine a atteint 164,5 GW fin 2025 (toutes filières confondues). Cette puissance intègre le réacteur nucléaire de Flamanville 3 (1,6 GW), couplé au réseau en décembre 2024, dont la mise en service progressive s’est poursuivie au cours de l’année 2025 et début 2026.

En 2025, le développement des capacités de production d’électricité française tient en premier lieu à celui des capacités solaires photovoltaïques qui ont continué à progresser à un rythme élevé en 2025 (+5,9 GW). La capacité solaire installée (30,4 GW en fin d’année) a dépassé en 2025 celle des installations hydrauliques françaises (25,7 GW). Le développement du parc éolien français s’est également poursuivi en 2025, à la faveur de la mise en service du parc en mer d’Yeu-Noirmoutier (+0,4 GW) et de la croissance des capacités éoliennes terrestres (+0,9 GW) dont le rythme de développement a ralenti pour la troisième année consécutive. Le parc thermique fossile a légèrement reculé (-0,2 GW), principalement avec la fermeture de petites centrales de cogénération.

Les flexibilités offertes par les parcs solaires et éoliens français ont sensiblement progressé

Comme l’a souligné le Bilan prévisionnel 2025, l’évolution du parc de production et l’atonie de la consommation d’électricité conduisent à ce que les défis en matière d’exploitation du système électrique se concentrent désormais de plus en plus sur les périodes conjuguant une forte production, notamment renouvelable, et une faible consommation. Cette nouvelle donne impose de pouvoir piloter avec précision l’appareil de production et l’ensemble des filières qui le composent. Au cours de l’année 2025, les flexibilités offertes par les parcs solaires et éoliens français ont sensiblement progressé :

  1. La puissance des installations solaires et éoliennes susceptibles de moduler leur production sur un signal de prix a augmenté de l’ordre de 3 GW par rapport à 2024 (+1,6 GW pour le solaire et +1,7  GW pour l’éolien), puisque la majorité des capacités éoliennes terrestres et les plus importantes installations photovoltaïques installées en 2025 bénéficient du mécanisme de complément de rémunération, qui prévoit une incitation économique à la modulation de la production lorsque les prix de marché sont négatifs. Si cette flexibilité contribue à l’équilibre du système, sa mise en œuvre doit être pilotée pour éviter des variations trop brusques de la puissance produite au moment du passage à un prix négatif.
  2. Les capacités éoliennes et solaires participant au mécanisme d’ajustement ont été multipliées par près de dix au cours des douze derniers mois, atteignant 5,6  GW à la fin de l’année 2025. Cette augmentation découle d’évolutions successives du cadre légal et réglementaire au cours de l’année.

La France n’a donc pas « bradé » son électricité

Les prix français de l’électricité sur les marchés à terme ont diminué. Ils se sont largement découplés de ceux des pays voisins, et s’établissent désormais à des niveaux très inférieurs à ces derniers. La France a enregistré un nouveau record d’exportation en 2025 (+92,3 TWh, soit 17% de sa production et un volume supérieur à la consommation d’un pays comme la Belgique), dans la continuité de l’année précédente. La valorisation de ces exports d’électricité de la France s’est élevée à 5,4 Md€ en 2025 (et de l’ordre de 9 Md€ en prenant en compte le prix moyen des pays vers lesquels la France exporte) : la France n’a donc pas « bradé » son électricité : elle a exporté presque en permanence sa production compétitive et excédentaire.

Plus d’infos…

Sur le même sujet

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisement -spot_img

Derniers articles

- Advertisement -spot_img