mardi, mars 3, 2026
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Edito / Echec et mat

Assemblée_nationaleLes parlementaires français sont au travail. Pour la bonne cause. Ils planchent en cet automne 2022 sur la fameuse loi d’accélération des énergies renouvelables. C’est qu’il y a urgences : économique et climatique. De son passage au Sénat, la loi, adoptée à une très large majorité, en est sortie pas trop chamboulée. Les professionnels de la filière des EnR s’en sont d’ailleurs plutôt réjouis.

Son examen par l’Assemblé Nationale semble plus chaotique, tristement byzantin. Il faut dire que certains activistes et groupes de pression se sont réveillés proposant des amendements dirimants pour contraindre et réduire les avancées possibles et nécessaires. L’agrivoltaïsme, pas encore  vraiment défini, est ainsi malmenée au nom de la « terre nourricière ». Toutes les roueries possibles sont convoquées lors de débats finalement peu constructifs. D’aucuns annoncent même une loi de ralentissement à venir. C’est dire. Ils sont encore nombreux ceux qui évoquent les renouvelables avec la roguerie d’experts pétris de certitudes. Et pourtant…

Même une loi de demi-mesure, qui accoucherait d’une souris, ne suffira pas à entraver le formidable élan des renouvelables dans un contexte énergétique tendu. L’enjeu va bien au-delà d’une simple loi. Nous sommes aujourd’hui entrés dans le monde de la vérité des prix qui implique un implacable changement de paradigme. La demande explose…

« Rien n’arrête une idée dont le temps est venu ». Cette citation apocryphe attribuée à Victor Hugo, est particulièrement adapté à la percée actuelle des énergies renouvelables dans le monde. Les statistiques de Bloomberg sont sans appel. En 2021, 50% des ajouts de capacité de production d’énergie sur la planète sont le fait de l’énergie solaire. Avec 25%, l’éolien arrive en deuxième position. Le gaz naturel complète le podium avec 11% devant l’hydro à 7%. Outre le gaz, les énergies fossiles, et dans une plus grande mesure encore le nucléaire, ne représentent plus que de simples niches, derniers soubresauts de technologies portées par des lobbyistes à bout de souffle. De nouvelles implantations comme autant d’actifs échoués en devenir !

Les énergies renouvelables, le solaire en particulier, ont gagné la partie. Echec et mat ! Le solaire affiche une compétitivité incommensurable. Jusqu’à tendre à terme, une fois amorti, vers le coût marginal zéro si cher à Jérémy Rifkin. Et une loi, même restrictive aux ambitions dilatoires, n’y changera rien ! Les équilibres financiers et les impératifs climatiques nous obligent…

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12 Commentaires

  1. Ce n’est pas souvent qu’on lit un texte aussi clair dénonçant les lobbies du fossile et du nucléaire qui ont bloqué pendant tant d’années le développement des énergies renouvelables et en particulier du solaire en France.: « Outre le gaz, les énergies fossiles, et dans une plus grande mesure encore le nucléaire, ne représentent plus que de simples niches, derniers soubresauts de technologies portées par des lobbyistes à bout de souffle. »
    Qui, chez Tecsol, a rédigé cet édito ? Si clair et tellement « on the point »!

  2. Ce n’est pas souvent qu’on lit un texte aussi clair dénonçant les lobbies du fossile et du nucléaire qui ont bloqué pendant tant d’années le développement des énergies renouvelables et en particulier du solaire en France.: « Outre le gaz, les énergies fossiles, et dans une plus grande mesure encore le nucléaire, ne représentent plus que de simples niches, derniers soubresauts de technologies portées par des lobbyistes à bout de souffle. »
    Qui, chez Tecsol, a rédigé cet édito ? Si clair et tellement « on the point »!

  3. Ce n’est pas souvent qu’on lit un texte aussi clair dénonçant les lobbies du fossile et du nucléaire qui ont bloqué pendant tant d’années le développement des énergies renouvelables et en particulier du solaire en France.: « Outre le gaz, les énergies fossiles, et dans une plus grande mesure encore le nucléaire, ne représentent plus que de simples niches, derniers soubresauts de technologies portées par des lobbyistes à bout de souffle. »
    Qui, chez Tecsol, a rédigé cet édito ? Si clair et tellement « on the point »!

  4. Ce n’est pas souvent qu’on lit un texte aussi clair dénonçant les lobbies du fossile et du nucléaire qui ont bloqué pendant tant d’années le développement des énergies renouvelables et en particulier du solaire en France.: « Outre le gaz, les énergies fossiles, et dans une plus grande mesure encore le nucléaire, ne représentent plus que de simples niches, derniers soubresauts de technologies portées par des lobbyistes à bout de souffle. »
    Qui, chez Tecsol, a rédigé cet édito ? Si clair et tellement « on the point »!

  5. Qui de mieux que Zola pour conforter Victor Hugo : « c’était donc au soleil secourable qu’il fallait s’adresser…. » Savoureuse lecture, Maxime Tassin
    Dans l’idée de Jordan, son oeuvre devait être achevée seulement le jour où il aurait donné à la cité nouvelle l’électricité bienfaisante sans la mesurer, à discrétion comme l’eau dont le fleuve roule le flot inépuisable, comme l’air que chacun est libre de respirer à sa guise. Depuis près de soixante ans, il avait fait beaucoup pour arriver à cette solution, il avait résolu, par étapes
    successives, les problèmes qui l’y acheminaient. D’abord, il s’était ingénié à supprimer les frais de charroi, en brûlant le charbon au sortir du puits, sous les chaudières, et en amenant par câbles, à chaque usine, la force électrique obtenue ainsi, sans trop de déperdition. Ensuite, il avait imaginé l’appareil si longtemps cherché, il avait pu transformer directement
    l’énergie calorique contenue dans le charbon en énergie mécanique. C’était la suppression de la chaudière, une amélioration considérable, une économie de plus de cinquante pour cent ; et dès lors, dès que les dynamos
    s’étaient chargées directement, par simple combustion du charbon, il avait pu faire fonctionner ses fours électriques, révolutionner la métallurgie,
    approvisionner déjà la ville abondamment d’électricité, pour tous les usages sociaux et domestiques. Mais elle coûtait encore trop cher, il la voulait pour rien, pareille au vent qui passe, à la disposition de tous. Puis une terreur lui venait, l’épuisement possible, certain, des mines de charbon. Avant un siècle peut-être, le charbon venant à manquer, ne serait-ce pas la mort du monde actuel, l’arrêt de l’industrie, les moyens de locomotion supprimés, l’humanité immobilisée et refroidie, comme un grand corps dont le sang ne circule plus? Ce charbon dont il ne pouvait se passer, il en regardait brûler chaque tonne avec inquiétude, en se disant que c’était une tonne en moins.(…)
    Naturellement, Jordan songea d’abord aux chutes d’eau. C’était une force mécanique primitive, on l’employait avec succès dans les pays de montagne, malgré les caprices des torrents, les interruptions fatales des époques de
    sécheresse. (…)
    Jordan, ensuite en vint aux marées, aux continuels flux et reflux de l’océan, dont on pourrait utiliser l’éternelle force en marche, battant les rivages. Des
    savants s’en étaient occupés déjà, il reprit leurs études, il imagina même des appareils d’expérience. (…)
    Mais une autre idée le hantait (…) De tous temps, Jordan (…) avait eu la passion du soleil. Il le suivait dans sa course, il le regardait chaque soir se coucher, avec la crainte, le frisson des ténèbres envahissantes ; et, le matin,il se levait parfois de bonne heure, pour la joie de le voir renaître. (…) C’était donc au soleil secourable qu’il fallait s’adresser encore, c’était lui qui
    continuerait de donner à sa création, au monde et à l’homme, toujours plus de vie, plus de vérité et plus de justice, tout le bonheur rêvé. S’il disparaissait chaque soir, s’il pâlissait l’hiver, il fallait lui demander de nous laisser une large part de sa flamme, afin de pouvoir attendre son retour de chaque matin et de patienter sans souffrir pendant les saisons froides. Ainsi,
    le problème se posait d’une façon à la fois simple et formidable, il s’agissait de s’adresser directement au soleil, de capter la chaleur solaire et de la
    transformer, à l’aide d’appareils spéciaux, en électricité, dont il faudrait ensuite conserver des provisions énormes, dans des réservoirs imperméables. De la sorte, il y aurait sans cesse là une source de force
    illimitée, dont on disposerait à sa guise. Pendant les journées brûlantes de l’été, on moissonnerait les rayons, on les mettrait en grange, en des greniers
    d’abondance sans fin. Ensuite, quand les nuits se feraient longues, quand l’hiver viendrait avec ses ténèbres et ses glaces, il y aurait là de la lumière, de la chaleur et du mouvement, pour la vie heureuse de l’humanité entière.
    Et cette force électrique, ravie au soleil créateur, domestiquée par l’homme, serait enfin sa servante docile et toujours prête, soulageant dans son effort,l’aidant à faire du travail la gaieté, la santé, la juste répartition des richesses, la loi et le culte même de la vie.
    Le rêve de Jordan avait occupé déjà d’autres cerveaux, des savants étaient parvenus à imaginer de petits appareils qui captaient la chaleur solaire et la transformaient en électricité, mais par quantité infimes, de simples
    instruments destinés à des expériences de laboratoire. Il fallait réaliser le phénomène en grand, d’une façon pratique, pour les immenses réservoirs nécessaires aux besoins de tout un peuple. Et, pendant des années, on vit
    Jordan faire construire (…), des appareils étranges, des sortes de tours, dont on ne pouvait deviner l’usage.
    (…) Et il réussit à résoudre le problème, le bon et glorieux soleil se laissa prendre un peu de son inépuisable flamme, dont il réchauffe la terre depuis
    tant de siècles, sans se refroidir. Après les derniers essais, une usine définitive fut bâtie, fonctionna, fournit Beauclair d’électricité toute une année, au gré des habitants (…). Mais un défaut fâcheux persistait pourtant, les immenses réservoirs perdaient beaucoup, et il y avait là un dernier perfectionnement à trouver, la conservation parfaite des réserves hivernales, assez de rayons solidement emmagasinés, afin de rallumer audessus
    de la ville un autre soleil, pendant les longues nuits de décembre. (…) Et ce jour arriva, il avait trouvé le moyen d’éviter toute perte, de rendre
    les réservoirs imperméables, capables de garder longtemps les provisions de force électrique.
    (…) Jordan obtint qu’on le porterait une dernière fois à l’usine où l’on venait d’installer les nouveaux réservoirs.
    Emile Zola, extrait du roman « Travail », Paris 1901

  6. Qui de mieux que Zola pour conforter Victor Hugo : « c’était donc au soleil secourable qu’il fallait s’adresser…. » Savoureuse lecture, Maxime Tassin
    Dans l’idée de Jordan, son oeuvre devait être achevée seulement le jour où il aurait donné à la cité nouvelle l’électricité bienfaisante sans la mesurer, à discrétion comme l’eau dont le fleuve roule le flot inépuisable, comme l’air que chacun est libre de respirer à sa guise. Depuis près de soixante ans, il avait fait beaucoup pour arriver à cette solution, il avait résolu, par étapes
    successives, les problèmes qui l’y acheminaient. D’abord, il s’était ingénié à supprimer les frais de charroi, en brûlant le charbon au sortir du puits, sous les chaudières, et en amenant par câbles, à chaque usine, la force électrique obtenue ainsi, sans trop de déperdition. Ensuite, il avait imaginé l’appareil si longtemps cherché, il avait pu transformer directement
    l’énergie calorique contenue dans le charbon en énergie mécanique. C’était la suppression de la chaudière, une amélioration considérable, une économie de plus de cinquante pour cent ; et dès lors, dès que les dynamos
    s’étaient chargées directement, par simple combustion du charbon, il avait pu faire fonctionner ses fours électriques, révolutionner la métallurgie,
    approvisionner déjà la ville abondamment d’électricité, pour tous les usages sociaux et domestiques. Mais elle coûtait encore trop cher, il la voulait pour rien, pareille au vent qui passe, à la disposition de tous. Puis une terreur lui venait, l’épuisement possible, certain, des mines de charbon. Avant un siècle peut-être, le charbon venant à manquer, ne serait-ce pas la mort du monde actuel, l’arrêt de l’industrie, les moyens de locomotion supprimés, l’humanité immobilisée et refroidie, comme un grand corps dont le sang ne circule plus? Ce charbon dont il ne pouvait se passer, il en regardait brûler chaque tonne avec inquiétude, en se disant que c’était une tonne en moins.(…)
    Naturellement, Jordan songea d’abord aux chutes d’eau. C’était une force mécanique primitive, on l’employait avec succès dans les pays de montagne, malgré les caprices des torrents, les interruptions fatales des époques de
    sécheresse. (…)
    Jordan, ensuite en vint aux marées, aux continuels flux et reflux de l’océan, dont on pourrait utiliser l’éternelle force en marche, battant les rivages. Des
    savants s’en étaient occupés déjà, il reprit leurs études, il imagina même des appareils d’expérience. (…)
    Mais une autre idée le hantait (…) De tous temps, Jordan (…) avait eu la passion du soleil. Il le suivait dans sa course, il le regardait chaque soir se coucher, avec la crainte, le frisson des ténèbres envahissantes ; et, le matin,il se levait parfois de bonne heure, pour la joie de le voir renaître. (…) C’était donc au soleil secourable qu’il fallait s’adresser encore, c’était lui qui
    continuerait de donner à sa création, au monde et à l’homme, toujours plus de vie, plus de vérité et plus de justice, tout le bonheur rêvé. S’il disparaissait chaque soir, s’il pâlissait l’hiver, il fallait lui demander de nous laisser une large part de sa flamme, afin de pouvoir attendre son retour de chaque matin et de patienter sans souffrir pendant les saisons froides. Ainsi,
    le problème se posait d’une façon à la fois simple et formidable, il s’agissait de s’adresser directement au soleil, de capter la chaleur solaire et de la
    transformer, à l’aide d’appareils spéciaux, en électricité, dont il faudrait ensuite conserver des provisions énormes, dans des réservoirs imperméables. De la sorte, il y aurait sans cesse là une source de force
    illimitée, dont on disposerait à sa guise. Pendant les journées brûlantes de l’été, on moissonnerait les rayons, on les mettrait en grange, en des greniers
    d’abondance sans fin. Ensuite, quand les nuits se feraient longues, quand l’hiver viendrait avec ses ténèbres et ses glaces, il y aurait là de la lumière, de la chaleur et du mouvement, pour la vie heureuse de l’humanité entière.
    Et cette force électrique, ravie au soleil créateur, domestiquée par l’homme, serait enfin sa servante docile et toujours prête, soulageant dans son effort,l’aidant à faire du travail la gaieté, la santé, la juste répartition des richesses, la loi et le culte même de la vie.
    Le rêve de Jordan avait occupé déjà d’autres cerveaux, des savants étaient parvenus à imaginer de petits appareils qui captaient la chaleur solaire et la transformaient en électricité, mais par quantité infimes, de simples
    instruments destinés à des expériences de laboratoire. Il fallait réaliser le phénomène en grand, d’une façon pratique, pour les immenses réservoirs nécessaires aux besoins de tout un peuple. Et, pendant des années, on vit
    Jordan faire construire (…), des appareils étranges, des sortes de tours, dont on ne pouvait deviner l’usage.
    (…) Et il réussit à résoudre le problème, le bon et glorieux soleil se laissa prendre un peu de son inépuisable flamme, dont il réchauffe la terre depuis
    tant de siècles, sans se refroidir. Après les derniers essais, une usine définitive fut bâtie, fonctionna, fournit Beauclair d’électricité toute une année, au gré des habitants (…). Mais un défaut fâcheux persistait pourtant, les immenses réservoirs perdaient beaucoup, et il y avait là un dernier perfectionnement à trouver, la conservation parfaite des réserves hivernales, assez de rayons solidement emmagasinés, afin de rallumer audessus
    de la ville un autre soleil, pendant les longues nuits de décembre. (…) Et ce jour arriva, il avait trouvé le moyen d’éviter toute perte, de rendre
    les réservoirs imperméables, capables de garder longtemps les provisions de force électrique.
    (…) Jordan obtint qu’on le porterait une dernière fois à l’usine où l’on venait d’installer les nouveaux réservoirs.
    Emile Zola, extrait du roman « Travail », Paris 1901

  7. Qui de mieux que Zola pour conforter Victor Hugo : « c’était donc au soleil secourable qu’il fallait s’adresser…. » Savoureuse lecture, Maxime Tassin
    Dans l’idée de Jordan, son oeuvre devait être achevée seulement le jour où il aurait donné à la cité nouvelle l’électricité bienfaisante sans la mesurer, à discrétion comme l’eau dont le fleuve roule le flot inépuisable, comme l’air que chacun est libre de respirer à sa guise. Depuis près de soixante ans, il avait fait beaucoup pour arriver à cette solution, il avait résolu, par étapes
    successives, les problèmes qui l’y acheminaient. D’abord, il s’était ingénié à supprimer les frais de charroi, en brûlant le charbon au sortir du puits, sous les chaudières, et en amenant par câbles, à chaque usine, la force électrique obtenue ainsi, sans trop de déperdition. Ensuite, il avait imaginé l’appareil si longtemps cherché, il avait pu transformer directement
    l’énergie calorique contenue dans le charbon en énergie mécanique. C’était la suppression de la chaudière, une amélioration considérable, une économie de plus de cinquante pour cent ; et dès lors, dès que les dynamos
    s’étaient chargées directement, par simple combustion du charbon, il avait pu faire fonctionner ses fours électriques, révolutionner la métallurgie,
    approvisionner déjà la ville abondamment d’électricité, pour tous les usages sociaux et domestiques. Mais elle coûtait encore trop cher, il la voulait pour rien, pareille au vent qui passe, à la disposition de tous. Puis une terreur lui venait, l’épuisement possible, certain, des mines de charbon. Avant un siècle peut-être, le charbon venant à manquer, ne serait-ce pas la mort du monde actuel, l’arrêt de l’industrie, les moyens de locomotion supprimés, l’humanité immobilisée et refroidie, comme un grand corps dont le sang ne circule plus? Ce charbon dont il ne pouvait se passer, il en regardait brûler chaque tonne avec inquiétude, en se disant que c’était une tonne en moins.(…)
    Naturellement, Jordan songea d’abord aux chutes d’eau. C’était une force mécanique primitive, on l’employait avec succès dans les pays de montagne, malgré les caprices des torrents, les interruptions fatales des époques de
    sécheresse. (…)
    Jordan, ensuite en vint aux marées, aux continuels flux et reflux de l’océan, dont on pourrait utiliser l’éternelle force en marche, battant les rivages. Des
    savants s’en étaient occupés déjà, il reprit leurs études, il imagina même des appareils d’expérience. (…)
    Mais une autre idée le hantait (…) De tous temps, Jordan (…) avait eu la passion du soleil. Il le suivait dans sa course, il le regardait chaque soir se coucher, avec la crainte, le frisson des ténèbres envahissantes ; et, le matin,il se levait parfois de bonne heure, pour la joie de le voir renaître. (…) C’était donc au soleil secourable qu’il fallait s’adresser encore, c’était lui qui
    continuerait de donner à sa création, au monde et à l’homme, toujours plus de vie, plus de vérité et plus de justice, tout le bonheur rêvé. S’il disparaissait chaque soir, s’il pâlissait l’hiver, il fallait lui demander de nous laisser une large part de sa flamme, afin de pouvoir attendre son retour de chaque matin et de patienter sans souffrir pendant les saisons froides. Ainsi,
    le problème se posait d’une façon à la fois simple et formidable, il s’agissait de s’adresser directement au soleil, de capter la chaleur solaire et de la
    transformer, à l’aide d’appareils spéciaux, en électricité, dont il faudrait ensuite conserver des provisions énormes, dans des réservoirs imperméables. De la sorte, il y aurait sans cesse là une source de force
    illimitée, dont on disposerait à sa guise. Pendant les journées brûlantes de l’été, on moissonnerait les rayons, on les mettrait en grange, en des greniers
    d’abondance sans fin. Ensuite, quand les nuits se feraient longues, quand l’hiver viendrait avec ses ténèbres et ses glaces, il y aurait là de la lumière, de la chaleur et du mouvement, pour la vie heureuse de l’humanité entière.
    Et cette force électrique, ravie au soleil créateur, domestiquée par l’homme, serait enfin sa servante docile et toujours prête, soulageant dans son effort,l’aidant à faire du travail la gaieté, la santé, la juste répartition des richesses, la loi et le culte même de la vie.
    Le rêve de Jordan avait occupé déjà d’autres cerveaux, des savants étaient parvenus à imaginer de petits appareils qui captaient la chaleur solaire et la transformaient en électricité, mais par quantité infimes, de simples
    instruments destinés à des expériences de laboratoire. Il fallait réaliser le phénomène en grand, d’une façon pratique, pour les immenses réservoirs nécessaires aux besoins de tout un peuple. Et, pendant des années, on vit
    Jordan faire construire (…), des appareils étranges, des sortes de tours, dont on ne pouvait deviner l’usage.
    (…) Et il réussit à résoudre le problème, le bon et glorieux soleil se laissa prendre un peu de son inépuisable flamme, dont il réchauffe la terre depuis
    tant de siècles, sans se refroidir. Après les derniers essais, une usine définitive fut bâtie, fonctionna, fournit Beauclair d’électricité toute une année, au gré des habitants (…). Mais un défaut fâcheux persistait pourtant, les immenses réservoirs perdaient beaucoup, et il y avait là un dernier perfectionnement à trouver, la conservation parfaite des réserves hivernales, assez de rayons solidement emmagasinés, afin de rallumer audessus
    de la ville un autre soleil, pendant les longues nuits de décembre. (…) Et ce jour arriva, il avait trouvé le moyen d’éviter toute perte, de rendre
    les réservoirs imperméables, capables de garder longtemps les provisions de force électrique.
    (…) Jordan obtint qu’on le porterait une dernière fois à l’usine où l’on venait d’installer les nouveaux réservoirs.
    Emile Zola, extrait du roman « Travail », Paris 1901

  8. Qui de mieux que Zola pour conforter Victor Hugo : « c’était donc au soleil secourable qu’il fallait s’adresser…. » Savoureuse lecture, Maxime Tassin
    Dans l’idée de Jordan, son oeuvre devait être achevée seulement le jour où il aurait donné à la cité nouvelle l’électricité bienfaisante sans la mesurer, à discrétion comme l’eau dont le fleuve roule le flot inépuisable, comme l’air que chacun est libre de respirer à sa guise. Depuis près de soixante ans, il avait fait beaucoup pour arriver à cette solution, il avait résolu, par étapes
    successives, les problèmes qui l’y acheminaient. D’abord, il s’était ingénié à supprimer les frais de charroi, en brûlant le charbon au sortir du puits, sous les chaudières, et en amenant par câbles, à chaque usine, la force électrique obtenue ainsi, sans trop de déperdition. Ensuite, il avait imaginé l’appareil si longtemps cherché, il avait pu transformer directement
    l’énergie calorique contenue dans le charbon en énergie mécanique. C’était la suppression de la chaudière, une amélioration considérable, une économie de plus de cinquante pour cent ; et dès lors, dès que les dynamos
    s’étaient chargées directement, par simple combustion du charbon, il avait pu faire fonctionner ses fours électriques, révolutionner la métallurgie,
    approvisionner déjà la ville abondamment d’électricité, pour tous les usages sociaux et domestiques. Mais elle coûtait encore trop cher, il la voulait pour rien, pareille au vent qui passe, à la disposition de tous. Puis une terreur lui venait, l’épuisement possible, certain, des mines de charbon. Avant un siècle peut-être, le charbon venant à manquer, ne serait-ce pas la mort du monde actuel, l’arrêt de l’industrie, les moyens de locomotion supprimés, l’humanité immobilisée et refroidie, comme un grand corps dont le sang ne circule plus? Ce charbon dont il ne pouvait se passer, il en regardait brûler chaque tonne avec inquiétude, en se disant que c’était une tonne en moins.(…)
    Naturellement, Jordan songea d’abord aux chutes d’eau. C’était une force mécanique primitive, on l’employait avec succès dans les pays de montagne, malgré les caprices des torrents, les interruptions fatales des époques de
    sécheresse. (…)
    Jordan, ensuite en vint aux marées, aux continuels flux et reflux de l’océan, dont on pourrait utiliser l’éternelle force en marche, battant les rivages. Des
    savants s’en étaient occupés déjà, il reprit leurs études, il imagina même des appareils d’expérience. (…)
    Mais une autre idée le hantait (…) De tous temps, Jordan (…) avait eu la passion du soleil. Il le suivait dans sa course, il le regardait chaque soir se coucher, avec la crainte, le frisson des ténèbres envahissantes ; et, le matin,il se levait parfois de bonne heure, pour la joie de le voir renaître. (…) C’était donc au soleil secourable qu’il fallait s’adresser encore, c’était lui qui
    continuerait de donner à sa création, au monde et à l’homme, toujours plus de vie, plus de vérité et plus de justice, tout le bonheur rêvé. S’il disparaissait chaque soir, s’il pâlissait l’hiver, il fallait lui demander de nous laisser une large part de sa flamme, afin de pouvoir attendre son retour de chaque matin et de patienter sans souffrir pendant les saisons froides. Ainsi,
    le problème se posait d’une façon à la fois simple et formidable, il s’agissait de s’adresser directement au soleil, de capter la chaleur solaire et de la
    transformer, à l’aide d’appareils spéciaux, en électricité, dont il faudrait ensuite conserver des provisions énormes, dans des réservoirs imperméables. De la sorte, il y aurait sans cesse là une source de force
    illimitée, dont on disposerait à sa guise. Pendant les journées brûlantes de l’été, on moissonnerait les rayons, on les mettrait en grange, en des greniers
    d’abondance sans fin. Ensuite, quand les nuits se feraient longues, quand l’hiver viendrait avec ses ténèbres et ses glaces, il y aurait là de la lumière, de la chaleur et du mouvement, pour la vie heureuse de l’humanité entière.
    Et cette force électrique, ravie au soleil créateur, domestiquée par l’homme, serait enfin sa servante docile et toujours prête, soulageant dans son effort,l’aidant à faire du travail la gaieté, la santé, la juste répartition des richesses, la loi et le culte même de la vie.
    Le rêve de Jordan avait occupé déjà d’autres cerveaux, des savants étaient parvenus à imaginer de petits appareils qui captaient la chaleur solaire et la transformaient en électricité, mais par quantité infimes, de simples
    instruments destinés à des expériences de laboratoire. Il fallait réaliser le phénomène en grand, d’une façon pratique, pour les immenses réservoirs nécessaires aux besoins de tout un peuple. Et, pendant des années, on vit
    Jordan faire construire (…), des appareils étranges, des sortes de tours, dont on ne pouvait deviner l’usage.
    (…) Et il réussit à résoudre le problème, le bon et glorieux soleil se laissa prendre un peu de son inépuisable flamme, dont il réchauffe la terre depuis
    tant de siècles, sans se refroidir. Après les derniers essais, une usine définitive fut bâtie, fonctionna, fournit Beauclair d’électricité toute une année, au gré des habitants (…). Mais un défaut fâcheux persistait pourtant, les immenses réservoirs perdaient beaucoup, et il y avait là un dernier perfectionnement à trouver, la conservation parfaite des réserves hivernales, assez de rayons solidement emmagasinés, afin de rallumer audessus
    de la ville un autre soleil, pendant les longues nuits de décembre. (…) Et ce jour arriva, il avait trouvé le moyen d’éviter toute perte, de rendre
    les réservoirs imperméables, capables de garder longtemps les provisions de force électrique.
    (…) Jordan obtint qu’on le porterait une dernière fois à l’usine où l’on venait d’installer les nouveaux réservoirs.
    Emile Zola, extrait du roman « Travail », Paris 1901

  9. Intéressant de voir que dans la discussion de la nouvelle loi, les oppositions ne sont pas nécessairement là où l’on croit … Aux refus traditionnels des LR vient s’ajouter une forte résistance d’une partie des députés EELV (cf article La Tribune du lundi 3/12). Et pas sûr qu’ils soient des lobbyistes du fossile 🙂
    Par contre, de grâce, arrêtez de nous bercer avec l’idée du coût marginal nul du solaire vu comme une avancée majeure. Par définition, le PV est fait majoritairement de capex et son coût marginal est dérisoire. Ce qui compte in fine, c’est son LCOE une fois qu’on a ajouté les couches de flexibilité (stockage, interco etc) nécessaires à son insertion dans le système électrique.
    Enfin, il serait intéressant que vous dénonciez également le comportement d’une partie des investisseurs ENR qui ont bien vécu des subventions de l’Etat depuis une vingtaine d’année et qui n’hésitent pas à sortir des contrats avec l’Etat au moment où l’Etat avait l’espoir d’engranger quelques bénéfices avec ces contrats. C’est un comportement qui me paraît honteux, très loin de l’éthique publique.

  10. Intéressant de voir que dans la discussion de la nouvelle loi, les oppositions ne sont pas nécessairement là où l’on croit … Aux refus traditionnels des LR vient s’ajouter une forte résistance d’une partie des députés EELV (cf article La Tribune du lundi 3/12). Et pas sûr qu’ils soient des lobbyistes du fossile 🙂
    Par contre, de grâce, arrêtez de nous bercer avec l’idée du coût marginal nul du solaire vu comme une avancée majeure. Par définition, le PV est fait majoritairement de capex et son coût marginal est dérisoire. Ce qui compte in fine, c’est son LCOE une fois qu’on a ajouté les couches de flexibilité (stockage, interco etc) nécessaires à son insertion dans le système électrique.
    Enfin, il serait intéressant que vous dénonciez également le comportement d’une partie des investisseurs ENR qui ont bien vécu des subventions de l’Etat depuis une vingtaine d’année et qui n’hésitent pas à sortir des contrats avec l’Etat au moment où l’Etat avait l’espoir d’engranger quelques bénéfices avec ces contrats. C’est un comportement qui me paraît honteux, très loin de l’éthique publique.

  11. Intéressant de voir que dans la discussion de la nouvelle loi, les oppositions ne sont pas nécessairement là où l’on croit … Aux refus traditionnels des LR vient s’ajouter une forte résistance d’une partie des députés EELV (cf article La Tribune du lundi 3/12). Et pas sûr qu’ils soient des lobbyistes du fossile 🙂
    Par contre, de grâce, arrêtez de nous bercer avec l’idée du coût marginal nul du solaire vu comme une avancée majeure. Par définition, le PV est fait majoritairement de capex et son coût marginal est dérisoire. Ce qui compte in fine, c’est son LCOE une fois qu’on a ajouté les couches de flexibilité (stockage, interco etc) nécessaires à son insertion dans le système électrique.
    Enfin, il serait intéressant que vous dénonciez également le comportement d’une partie des investisseurs ENR qui ont bien vécu des subventions de l’Etat depuis une vingtaine d’année et qui n’hésitent pas à sortir des contrats avec l’Etat au moment où l’Etat avait l’espoir d’engranger quelques bénéfices avec ces contrats. C’est un comportement qui me paraît honteux, très loin de l’éthique publique.

  12. Intéressant de voir que dans la discussion de la nouvelle loi, les oppositions ne sont pas nécessairement là où l’on croit … Aux refus traditionnels des LR vient s’ajouter une forte résistance d’une partie des députés EELV (cf article La Tribune du lundi 3/12). Et pas sûr qu’ils soient des lobbyistes du fossile 🙂
    Par contre, de grâce, arrêtez de nous bercer avec l’idée du coût marginal nul du solaire vu comme une avancée majeure. Par définition, le PV est fait majoritairement de capex et son coût marginal est dérisoire. Ce qui compte in fine, c’est son LCOE une fois qu’on a ajouté les couches de flexibilité (stockage, interco etc) nécessaires à son insertion dans le système électrique.
    Enfin, il serait intéressant que vous dénonciez également le comportement d’une partie des investisseurs ENR qui ont bien vécu des subventions de l’Etat depuis une vingtaine d’année et qui n’hésitent pas à sortir des contrats avec l’Etat au moment où l’Etat avait l’espoir d’engranger quelques bénéfices avec ces contrats. C’est un comportement qui me paraît honteux, très loin de l’éthique publique.

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