L’administration de Donald Trump a franchi une nouvelle étape dans son offensive contre les politiques climatiques fédérales. Le président américain a annoncé l’abrogation d’un texte clé servant de fondement juridique à la régulation des émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis. Une décision vivement critiquée par les scientifiques et les organisations environnementales, qui y voient un tournant majeur dans la politique climatique du pays.
Lors d’une intervention publique, Donald Trump a affiché son soutien à l’industrie du charbon, allant jusqu’à qualifier cette énergie de « propre et belle ». Devant des mineurs enthousiastes, le président a également indiqué que l’armée américaine devrait désormais privilégier l’électricité issue du charbon. Selon lui, cette stratégie permettrait de réduire les coûts énergétiques tout en renforçant l’indépendance énergétique des États-Unis.
Depuis son retour au pouvoir, le président républicain multiplie les mesures destinées à relancer l’industrie charbonnière. L’administration encourage l’ouverture de nouvelles exploitations et cherche à maintenir en activité certaines centrales qui étaient promises à la fermeture. En avril dernier, Donald Trump avait déjà annoncé la suppression de plusieurs normes environnementales mises en place sous la présidence de Joe Biden.
Une décision qui bouleverse le cadre juridique climatique
La décision annoncée aujourd’hui concerne la suppression de la « conclusion de mise en danger » adoptée en 2009 sous l’administration de Barack Obama par l’Agence de protection de l’environnement (EPA). Ce texte affirmait que les gaz à effet de serre menaçaient la santé publique et le bien-être des Américains.
Ce constat scientifique constituait depuis plus de quinze ans le socle juridique de la politique climatique fédérale. En s’appuyant sur le Clean Air Act, une loi majeure sur la qualité de l’air, l’État fédéral pouvait réglementer les émissions provenant des véhicules, des centrales électriques et de l’industrie lourde.
En supprimant cette base juridique, Donald Trump ne se contente donc pas d’assouplir certaines règles : il remet en cause le fondement même de la régulation climatique fédérale. L’administration justifie cette décision par la volonté de réduire le poids des réglementations et de renforcer la compétitivité énergétique américaine, notamment dans les secteurs du pétrole, du gaz et du charbon.
Une bataille juridique et politique à venir
Malgré cette offensive, l’action climatique américaine ne disparaît pas pour autant. Les États-Unis étant une fédération, les États disposent d’une marge de manœuvre importante. Des États démocrates comme la Californie, New York ou le Massachusetts ont déjà annoncé qu’ils maintiendraient leurs propres normes d’émissions.
La bataille devrait également se poursuivre devant les tribunaux. Des recours juridiques sont attendus de la part d’États, d’ONG environnementales et de certaines entreprises engagées dans la transition énergétique.
Enfin, l’évolution du système énergétique américain pourrait limiter l’impact de ces décisions politiques. La part du charbon dans la production d’électricité a déjà fortement reculé, passant d’environ 50 % en 2000 à 16 % en 2023, au profit du gaz et surtout des énergies renouvelables.
Dans ce contexte, l’offensive de Donald Trump ouvre une nouvelle phase de confrontation politique, juridique et économique autour de la politique climatique américaine.





