Le secteur photovoltaïque continue d’évoluer à grande vitesse en France. Selon la 54e édition de l’Observatoire de l’énergie solaire photovoltaïque publié par France Territoire Solaire, le premier trimestre 2025 a vu 1,407 GW de nouvelles capacités raccordées. Si ce chiffre marque une légère baisse par rapport au dernier trimestre 2024, il confirme néanmoins la solide dynamique du secteur, avec des transformations notables dans la structure du marché.
Le fait marquant du trimestre est sans conteste la forte progression des grandes toitures (100 à 500 kW), avec 641 MW raccordés, un record absolu pour ce segment. Le segment des très grandes toitures (500 kW à 1 MW) enregistre également une légère hausse (18 MW raccordés), tandis que les grandes installations au sol marquent le pas avec 384 MW, en recul par rapport aux trimestres précédents.
En revanche, l’autoconsommation, pourtant au cœur de nombreux discours politiques et industriels, enregistre un repli, avec 51 585 installations raccordées. Ce recul est préoccupant dans un contexte où les signaux envoyés au marché sont jugés contradictoires.
Mladena Pavlova, consultante chez LCP Delta, observe que « ces derniers mois ont été marqués par de nombreux changements » dans le secteur, notamment pour les segments C&I (installations de plus de 100 kW). Malgré tout, ses prévisions restent positives, avec une croissance moins soutenue mais régulière, portée par la hausse des prix de l’électricité de détail, liée à la fin progressive du mécanisme de l’ARENH.
Cependant, des incertitudes pèsent sur cette dynamique. La réforme du tarif d’achat S21 et les nouvelles dérogations prévues dans le cadre de la loi APER sur la solarisation des parkings introduisent des freins réglementaires. Plus récemment, la remise en cause fiscale de l’exonération d’accise pour les projets d’autoconsommation collective a créé un nouveau choc, menaçant la viabilité économique de ce segment.
Alors que le secteur photovoltaïque semblait amorcer une mue vers un modèle basé sur l’autoconsommation et la proximité, ces décisions risquent de freiner l’élan. Dans ce contexte instable, le rôle de l’État sera décisif pour clarifier les règles du jeu et accompagner durablement cette transition énergétique.





