Dans une interview accordée aux Échos, Emmanuelle Wargon, présidente de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), suggère de réviser à la baisse les ambitions françaises en matière d’énergies renouvelables, notamment pour le solaire et l’éolien. La consommation d’électricité restant inférieure à son niveau pré-Covid, elle estime qu’il est temps d’ajuster le rythme de développement, tout en continuant à miser sur le parc nucléaire et hydraulique existant.
Ce ralentissement est présenté comme une nécessité pour optimiser l’efficacité du système énergétique, alors que le soutien public aux renouvelables a coûté 5 milliards d’euros en 2023. La CRE recommande une approche mixte, avec deux tiers des nouvelles capacités soutenues par l’État et le reste financé par des contrats de gré à gré (PPA). Il s’agit d’éviter les surproductions aux heures creuses, qui provoquent des prix négatifs sur le marché et alourdissent la facture publique.
Emmanuelle Wargon critique aussi les retards de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) 2025-2035, reportée à l’été par François Bayrou. Ce texte est crucial pour donner de la visibilité aux filières industrielles de l’énergie.
Par ailleurs, la fin de l’Arenh en 2026 marquera un tournant. Si la CRE se veut rassurante sur la stabilité des tarifs réglementés pour les particuliers, elle appelle les industriels électro-intensifs à s’adapter à la fin du prix subventionné de 42 €/MWh. Désormais, ils devront s’aligner sur les prix du marché, autour de 60 €/MWh, un niveau jugé encore compétitif.
Emmanuelle Wargon insiste enfin sur l’importance d’un équilibre entre abondance énergétique, transition écologique et rationalité économique.





