À la veille de la publication de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), les Régions ont affiché leur détermination à ne pas rester dans l’attente. Réunies lors d’un webinaire organisé par Régions de France, elles ont présenté l’état d’avancement de leurs travaux de territorialisation des objectifs énergie-climat et revendiqué un rôle central dans le passage de la planification à l’action.
Les Régions au cœur de la mise en œuvre
En ouverture, Olivier Béatrix a rappelé la récente publication par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) d’un rapport consacré à la mise en œuvre territoriale des projets énergétiques. Un signal important : le régulateur s’interroge désormais explicitement sur la traduction opérationnelle des objectifs nationaux. « Les Régions sont à l’intersection entre planification stratégique et mise en œuvre concrète », a-t-il souligné. Élaboration des SRADET, coordination avec les collectivités, animation des filières et mobilisation des outils financiers : l’échelon régional apparaît comme le pivot de la transition énergétique.
L’engagement financier est conséquent. Les Régions consacrent environ 190 millions d’euros au soutien des énergies renouvelables, à l’ingénierie, à la formation et à l’accompagnement des collectivités. « Nous n’attendons pas la planification pour agir », insiste Régions de France.
Photovoltaïque et géothermie en première ligne
Les retours d’expérience de la Normandie, des Pays de la Loire et du Grand Est illustrent une dynamique commune : la concertation élargie est devenue la règle. En Normandie, six filières prioritaires ont été analysées avec l’État et les professionnels. Le photovoltaïque et les énergies marines progressent fortement, tandis que la géothermie reste émergente.
En Pays de la Loire, les objectifs envisagés dépassent ceux du SRADET 2021, notamment pour le photovoltaïque et le biogaz, mais les acteurs alertent sur la nécessité d’un cadre réglementaire stable. Le Grand Est, après 845 contributions issues d’ateliers participatifs, identifie le photovoltaïque et la géothermie comme leviers majeurs d’accélération.
Amorce a par ailleurs dressé un premier bilan des zones d’accélération : près de 20 000 communes ont participé, représentant environ 870 000 zones validées. Le solaire photovoltaïque domine largement, même si des limites apparaissent, notamment en matière de raccordement et de cohérence avec les capacités des réseaux.
Une attente forte de clarification nationale
Toutes les Régions soulignent néanmoins que l’absence de clarification définitive sur la PPE3 complique leurs arbitrages. Les trajectoires sont prêtes, mais leur traduction politique dépendra du cadrage national.
Le message final est clair : la transition énergétique se joue désormais dans les territoires. Reste à aligner ambition nationale et capacités locales pour transformer l’essai.





