La société italienne Green Energy Storage (GES) franchit une étape décisive dans le stockage de l’électricité renouvelable. Fondée en 2015 à Trente, la PME innovante a présenté à Rovereto sa nouvelle batterie manganèse-hydrogène, une technologie de stockage longue durée (LDES) destinée à accompagner la montée en puissance des énergies renouvelables en Europe. Cette solution ambitionne de répondre à l’un des principaux défis de la transition énergétique : stocker l’électricité sur plusieurs heures, voire plusieurs jours, de manière sûre, durable et économiquement compétitive GES.
Issue de dix années de recherche et développement, la technologie de GES repose sur une batterie à flux de nouvelle génération, qui combine un électrolyte liquide à base de manganèse breveté et de l’hydrogène produit directement au sein du système. Cette architecture permet de découpler la puissance et l’énergie, offrant une grande flexibilité de dimensionnement selon les besoins des réseaux électriques, des installations industrielles ou des centrales renouvelables de grande taille.

Sur le plan des performances, la batterie affiche une densité énergétique de 80 Wh/l, soit environ trois fois celle des batteries vanadium actuellement disponibles sur le marché, avec un rendement supérieur à 75 % et une durée de vie dépassant 10 000 cycles, ce qui correspond à plus de vingt ans d’exploitation. Autre atout stratégique : moins de 10 % des composants font appel à des matières premières critiques, limitant les risques géopolitiques et renforçant la souveraineté industrielle européenne.
Le choix du manganèse, élément abondant et largement recyclé, constitue un marqueur fort de la démarche de GES. Pour produire 1 GWh de capacité de stockage, la technologie ne nécessite que 0,02 % de la production mondiale annuelle de manganèse, contre 2 % pour le lithium ou 14 % pour le vanadium, selon les données communiquées par l’entreprise GES.
Ce projet bénéficie d’un important soutien public. Sélectionnée dans le cadre de l’IPCEI Batteries 2, GES a obtenu 61,5 millions d’euros de financements européens et italiens, couvrant près de 98 % des coûts du programme de développement industriel. L’objectif est désormais clair : atteindre une maturité technologique de niveau TRL 6 et lancer les premières applications industrielles dès 2026.
Lors de la présentation de la batterie, Salvatore Pinto a souligné : « Cette technologie est le fruit de plusieurs années de recherche et d’une vision industrielle visant à faire du stockage longue durée un pilier concret de la transition énergétique. »
Avec cette batterie manganèse-hydrogène, Green Energy Storage entend s’imposer comme un acteur clé du stockage longue durée en Europe, un segment stratégique pour stabiliser les réseaux électriques, faciliter l’intégration massive des énergies renouvelables et sécuriser l’approvisionnement énergétique à long terme.
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